Promenade patrimoinesque
C’est la première fois que je me trouve en France pour le week-end des Journées du Patrimoine et j’ai donc voulu en profiter à fond. J’ai traîné Moyen Nain sur toutes les petites routes de campagne avoisinantes pour aller jeter un œil de l’autre côté des grands murs. Pas d’intérêt pour les grands bâtiments publics mais une grande curiosité pour tous les petits joyaux privés. Et c’est en tombant par hasard sur la Villa Sestier à Sauzet que je me suis dite « la vie est quand même bien faite » ! Ce petit bijou de l’Art Nouveau a été une très belle découverte.
Acquise fin XVIIIème siècle par Honoré Sestier, notaire à Montélimar, la villa n’est, au départ, qu’une folie : un petit pavillon à la campagne destiné à faire la bringue le week-end avec les copains !
C’est son petit-fils, également appelé Honoré, qui reprend la maison et décide de l’embellir pour l’assortir aux extérieurs, un parc de plusieurs hectares réalisé à l’anglaise par Gabriel Luizet, architecte et paysagiste qui s’la pète à l’époque ! Et il est content le Gabriel de son travail qu’il considère comme l’un des plus beaux parcs privés de la Drôme. Sauf que malheureusement pour lui, ce parc tombe maintenant en désuétude et aurait bien besoin d’un bon coup de tondeuse !! Ou de quelques moutons.
La Villa Sestier est bien éloignée du style provençal et on s’attendrait plutôt à la trouver en ville plutôt que perdue en pleine campagne.
Honoré choisit Nicolas Vernon, architecte, pour superviser l’ensemble du gros œuvre mais aussi la réalisation de la déco et du mobilier. Le t’it Nicolas suit la mode mais n’est pas novateur. Je le soupçonne d’avoir regardé dans les catalogues déco de l’époque pour réaliser la bicoque. Si Pinterest avait alors existé !!!
Cette maison de maître suit les grands principes de « l’Art Nouveau » : dissymétrie des toitures, vitraux dans la véranda et références à l’extrême orient dans les faitières du toit.
Ce que j’ai trouvé dommage, c’est que Gilou, qui dirigeait la visite, et propriétaire des lieux, n’avait pas trouvé le temps de ranger le long tuyau d’arrosage qui traînait dans le jardin et dans lequel tout le monde se prenait les pieds (y aurait-il eu un accord tacite pour compter combien d’entre nous allaient se vautrer dans les jardins à la française ?) et d’écarter vélos, tondeuse et barbecue dispersés sous ces magnifiques vitraux ? Tout comme les jouets entassés sous l’escalier du vestibule. A moins que l’effet voulu eut été du style « foutoir historique » ?!
La visite a donc commencé par la véranda où nous avons pu admirer les vitraux réalisés par le maître verrier Thomas, ainsi que le VTT de Gilou.
Puis nous sommes passés dans La Clairière : un petit fumoir dans lequel nous nous sommes tous entassés (nous étions plus d’une vingtaine) et dans lequel Gilou m’a rendu très nerveuse en pointant des objets rarissimes avec sa canne. Alors que nous essayions tous de ne pas bouger une patte pour ne pas faire tomber les vases d’époque ! Le Gilou, lui, était confiant.
Nous sommes ensuite passés au salon pour admirer les meubles africains rapportés par Gilou. Je ne suis pas certaine que nous ayons les mêmes goûts mais je n’habite pas les lieux ! Plusieurs meubles et vases ont été malheureusement dérobés en 1982.
J'ai, un instant, cru, au grand embarassement de Moyen Nain, qu'il s'agissait d'autre chose ! Non Mesdames, cela n'est pas une statue d'un dieu de la fertilité ;-) !
A l'étage, la chambre à coucher et sur ses murs, des tissus en soie naturelle qui résistent à l’usure du temps mais pas à celle du soleil.
Je me demande si dans la salle de bain, Gilou n’avait pas oublié de retirer son peignoir pour nous donner une impression de vécu ?
Cette visite a été charmante et il est évident que la rénovation d’un tel lieu ne doit pas être un long fleuve tranquille. Surtout si l’on doit s’accorder avec l’administration un peu farfelue quand il s’agit d’un lieu classé historique.
Si vous êtes dans les parages l’année prochaine, faites un détour. Gilou aura peut-être rangé ses jouets d’ici là !




























