Une femme à hommes ?

Publié le par Fille Ainée

Une femme à hommes ?
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Serais-je une tombeuse d'hommes ? L'expression me semble bien présomptueuse. On dit bien un homme à femmes mais la langue française, si généreuse avec les uns, se montre bien avare d'équivalents pour les autres.

Et puis les hommes dont je parle sont tombés depuis longtemps déjà.

Ils me regardent depuis leurs cartons jaunis, leurs costumes impeccables, leurs uniformes boutonnés jusqu'au col, leurs moustaches soigneusement cirées comme autant de déclarations d'élégance.

Une femme à hommes ?

Je ne connais d'eux qu'une date, un nom de photographe, parfois une ville inscrite au dos d'une photographie. Quelques mots pour toute une vie.

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Une femme à hommes ?

Que sont-ils devenus après ce clic qui les a figés pour toujours ?

Ont-ils traversé des guerres, des deuils, des joies ordinaires, des dimanches tranquilles et des saisons qui sont passée sans bruit ?

Une femme à hommes ?

C'est un vice, je l'avoue volontiers.

Je recueille même des photographies de mariage de familles qui ne sont pas les miennes. J'adopte ces souvenirs orphelins. J'aime imaginer la vie qui s'est déployée après l'image, tout ce qui échappe au cadre.

Et j'ai une tendresse particulière pour ces hommes - certains en uniforme - qui arborent un nœud papillon irréprochable et cette gravité tranquille des portraits d'autrefois.

Qui étaient-ils ? Un Anglais, un Australien, un Français, c’est tout ce que je sais d’eux. Des inconnus, désormais.

Je ne peux plus leur rendre leur histoire ni leur nom tout entier (sauf si vous arrivez à déchiffrer celui-ci), mais je peux au moins leur offrir un regard, une place sur un mur, un peu de lumière.

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Une femme à hommes ?

Pour leur permettre, pour quelque temps encore, d’exister un peu, je leur ai offert un décor. Je me suis servie d’une toile sur laquelle j'ai collé, à la colle blanche diluée — cette même colle qui laisse en séchant un léger éclat, presque un vernis — une partition de Schubert.

Il n'avait probablement pas imaginé qu'un jour sa musique servirait d'écrin à une petite armée de moustaches, de nœuds papillon et de jeunes enfants en habits dénudés, mais j'aime à penser qu'il ne m'en voudrait pas. C'est, à ma manière, une façon de lui rendre hommage à lui aussi.

 

Une femme à hommes ?

Je n'ai toutefois pas eu le cœur de condamner définitivement mes pensionnaires de papier. Je n'ai pas collé les photographies directement sur la partition ; leurs versos portent parfois les dernières traces de leur existence : une date, un nom de photographe, une ville, quelques mots écrits d'une main disparue depuis longtemps.

Une femme à hommes ?
Une femme à hommes ?

Alors j'ai opté pour une simple pastille autocollante pour ne rien abîmer. Ainsi, si un jour je décide de leur offrir une autre destinée — ou si, par un improbable concours de circonstances, je parviens à retrouver leurs familles ou leurs descendants — je pourrai démonter mon assemblage, libérer mes playboys de leur galerie improvisée et les laisser reprendre le fil de leur histoire.

Une femme à hommes ?
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I
Ma sœur et moi avons passer deux jours à trier les photos de famille de trois générations, j’en ai une caisse <br /> !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! <br /> Bonne idée votre montage …..
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F
Si cela peut vous donner des idées...
B
Bonjour,<br /> Tu as toujours de très belles idées et surtout de l'imagination, des mains en or pour t'occuper dans une pièce fràiche le temps de la canicule<br /> Bonne journée et à bientôt<br /> Bises
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F
J'ai surtout beaucoup de temps pour imaginer ;-)
G
J’aime Schubert et j’aime ce que tu as fait. Une de mes amies recueillait comme toi les photos d’inconnus en brocante et les affichait. Elle est en fin de vie et m’a confié l’une d’elles et je l’ai adoptée (surtout pour le cadre, j’avoue). Dans tes personnages, je crois reconnaître mon arrière grand père mais c’est complètement impossible, il ne vivait pas en Grande Bretagne, simple ressemblance.
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F
Nous avons tous des sosies quelque part...