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Palais médiéval devenu maison Art déco

Publié le par Fille Ainée

Palais médiéval devenu maison Art déco

Me voici de retour dans ma Provence Natale, avec une dernière découverte londonienne à partager avec vous : une véritable maison de millionnaires, extravagante et absolument fascinante ! Un petit bijou d’architecture, où l’histoire rencontre élégance et démesure… Un lieu totalement hors du temps, que j’ai adoré découvrir.

Eltham Palace est un ancien palais royal médiéval transformé en demeure Art déco dans les années 1930. Et c’est précisément ce mélange qui rend ce lieu unique.

Palais médiéval devenu maison Art déco

Le site est très ancien. Le domaine apparaît dans le Domesday Book de 1086.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Le bâtiment médiéval le plus spectaculaire qui subsiste est le Great Hall de 31 mètres de long, construit dans les années 1470. C’est l’une des plus importantes salles médiévales conservées en Angleterre.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Mais à partir du XVIe siècle, Eltham perd de son importance et le palais tombe progressivement en ruine.

Puis, arrive en 1933, un couple fortuné, Stephen et Virginia Courtauld. Ils veulent une maison extrêmement moderne tout en conservant le fameux Great Hall médiéval. L’intérieur est spectaculaire : Art déco, modernisme, bois précieux, métal, éclairages sophistiqués. La maison fait preuve d’extravagance et est équipée de technologies très modernes pour l’époque, notamment un central téléphonique intérieur et extérieur

Palais médiéval devenu maison Art déco

et un système audio permettant de diffuser la radio et de la musique dans les pièces du rez-de-chaussée.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Dès l’entrée, impossible de ne pas lever les yeux vers cet étonnant dôme de verre, composé d’une multitude de petits hublots disposés en cercles concentriques. La lumière naturelle se diffuse délicatement dans le hall et vient souligner les boiseries, les fresques et les lignes Art déco de la pièce.

J’ai adoré cette atmosphère à la fois élégante, chaleureuse et complètement extravagante. Tout ici témoigne du goût des Courtauld pour le luxe et la modernité : un véritable décor de cinéma, imaginé dans les années 1930 au cœur d’un ancien palais royal.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Même l’escalier devient une œuvre d’art. Un passage aux lignes épurées, avec ses boiseries chaleureuses et surtout cet immense oculus circulaire qui s’ouvre dans le mur. Tout est pensé dans les moindres détails : les formes géométriques, les jeux de lumière, les matières… Rien n’est ostentatoire, mais tout respire le luxe et le raffinement.

Beaucoup plus extraordinaire et glamour que les pièces réservées à son mari Stephen, la chambre de Virginia a été conçue par un décorateur italien.

Elle possède des surfaces en bois précieux et du mobilier intégré que l’on appelait le style “paquebot”.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Virginia avait manifestement un goût pour le spectaculaire. Sa salle de bain n’est pas seulement une pièce fonctionnelle mais c’est pratiquement une petite scène théâtrale.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Elle est tapissée d'onyx, avec une niche derrière la baignoire entièrement recouverte de mosaïque dorée. Au centre de cette niche se trouve une statue de Psyché.

La baignoire en marbre est littéralement mise en scène comme un objet précieux. Les robinets sont plaqués or, et l'un des éléments les plus amusants est le robinet dont le bec prend la forme d'une tête de lion.

La chambre de Stephen affiche une décoration beaucoup plus sobre, des matériaux et couleurs plus retenus. C’est une chambre qui paraît presque austère en comparaison.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

La salle de bain de Stephen Courtauld est particulièrement intéressante parce qu’elle constitue presque l’anti-thèse de celle de Virginia. Elle est beaucoup plus sobre, géométrique et fonctionnelle. L'élément qui frappe immédiatement est sa palette bleu-vert, avec un carrelage turquoise/vert qui donne à la pièce une atmosphère très différente de l'or et de l'onyx de Virginia. Les robinets et les accessoires sont également beaucoup plus discrets, avec des formes géométriques typiques de l'Art déco.

Palais médiéval devenu maison Art déco

Un autre ensemble particulièrement intéressant est celui des deux chambres des neveux de Virginia, Peter et Paul.

Ces deux chambres sont côte à côte et partagent une salle de bain. Et cette salle de bain possède un détail extraordinaire pour l'époque : elle avait la seule douche (froide) de toute la maison. Plus étonnant encore, il s'agissait de l'une des premières douches installées dans une salle de bain résidentielle en Grande-Bretagne.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Parmi les chambres d'amis les plus prestigieuses se trouvait la Venetian Suite, ou suite vénitienne. Elle était considérée comme l'un des meilleurs logements réservés aux invités.

Palais médiéval devenu maison Art déco

La bibliothèque était avant tout le territoire de Stephen. Un témoignage contemporain la décrit comme son espace de travail privé, et lorsqu'une conversation de dîner devenait trop mondaine ou l'ennuyait, Stephen avait tendance à se retirer dans sa bibliothèque en pleine conversation.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Et contrairement à son épouse, qui avait besoin d'un véritable centre de commandement pour organiser sa vie sociale - son bureau possédait plusieurs lignes téléphoniques extérieures - Stephen avait dans sa bibliothèque un téléphone intérieur intégré directement dans les boiseries. C'est un détail minuscule, mais très parlant : il pouvait communiquer avec le reste de la maison sans avoir besoin d'en faire un bureau administratif.

 

La pièce ne servait pas uniquement à travailler. Stephen était un grand collectionneur et Eltham lui permettait de vivre littéralement au milieu de ses collections.

Le boudoir de Virginia se trouve au rez-de-chaussée, à proximité de la bibliothèque de Stephen. L'un des détails les plus intéressants est son mobilier intégré. Il possède notamment une bibliothèque encastrée dans une niche située en face de la cheminée. Cela peut nous sembler banal aujourd'hui, mais dans les années 1930, c'est une façon très moderne de concevoir l'intérieur : le meuble fait partie de l'architecture plutôt que d'être simplement posé contre un mur.

Mais le détail que je trouve le plus extraordinaire est au-dessus de la cheminée.

On y trouve une grande carte d'Eltham et de ses environs, réalisée en cuir, dans les années 1930. Elle est constituée de nombreuses petites pièces de cuir cousues ensemble. Les couleurs ont malheureusement pâli avec le temps.

Au fond, si la bibliothèque est le portrait de Stephen, le boudoir est celui de Virginia : plus chaleureux, décoratif, éclectique, intime et légèrement extravagant - exactement comme l'image que l'on se fait de cette femme mondaine, mécène et amatrice d'art au caractère très affirmé.

Palais médiéval devenu maison Art déco

Il y a aussi une petite pièce fascinante appelée la Map Room, tout près du boudoir de Virginia, qui mérite qu'on s'y attarde : on y a découvert des cartes et des peintures murales cachées pendant des décennies, avec des représentations de Londres, de l'Islande, de volcans et de destinations lointaines. C’était dans cette pièce que les Courtauld planifiaient leurs voyages.

Palais médiéval devenu maison Art déco

Le salon d’Eltham Palace - le Drawing Room - est probablement la pièce qui représente le mieux le côté mondain et théâtral de la maison. La pièce se trouve au rez-de-chaussée, entre le boudoir et les espaces de réception. Il était destiné à recevoir les invités dans un cadre élégant et confortable, après le dîner ou lors des nombreuses réceptions données par les Courtauld.

Le point focal est la grande cheminée en marbre et les poutres décoratives du plafond qui portent une peinture qui imite des motifs de l'art populaire hongrois faisant écho aux origines familiales de Virginia.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

La salle à manger est une pièce conçue pour impressionner. Le principe est celui du contraste : placage de maple moucheté (bird's-eye maple) sur les murs, plafond recouvert de feuille d'aluminium pour lui donner un aspect argenté et réfléchissant qui contribuait à diffuser la lumière dans la pièce et à faire scintiller l’ensemble, motifs géométriques, éléments noirs et argentés et portes très graphiques représentant des animaux d'après nature au zoo de Londres. Le résultat est beaucoup plus froid, brillant et moderne que le salon.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

L'élément le plus surprenant aujourd'hui sont les chaises de salle à manger recouvertes de cuir rose. Ce rose n’avait pas été choisi au hasard. Cette couleur était considérée comme particulièrement adaptée aux robes féminines des années 1930.

Mais cette pièce n'était pas seulement belle : elle était utilisée intensivement. Les Courtauld étaient célèbres pour leurs dîners. Le repas était généralement servi vers 20 heures, et Virginia adorait recevoir. Les invités pouvaient être des artistes, des hommes politiques, des membres de la haute société, des vedettes de cinéma ou même des membres de la famille royale. La reine Mary venue dîner à Eltham en 1938 aurait trouvé la partie moderne du palais un peu excessive - mais avait manifestement apprécié le repas et le champagne !

La salle de billard du sous-sol d’Eltham Palace est une pièce assez différente. Elle est moins “mondaine” que le salon ou la salle à manger, mais elle raconte quelque chose de très intéressant sur la vie quotidienne des Courtauld - et elle possède l’un des décors les plus personnels de toute la maison.

Au centre figure une table de billard de taille réglementaire. L'idée était de disposer, dans cette maison extrêmement sophistiquée, d'un espace réservé aux loisirs plus informels. Et derrière la table se trouve une immense peinture murale de Mary Adshead, une artiste britannique importante des années 1930.

Et puis la guerre arrive. Et c'est là que la salle de billard prend une tout autre dimension.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le sous-sol devient un espace de refuge pendant les bombardements et offrait un confort exceptionnel par rapport aux abris dont disposait la majorité de la population londonienne.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Stephen et Virginia s’étaient installés à Eltham en 1936. Leur projet devait être une maison pour une longue période car ils avaient obtenu en 1933 un bail de 99 ans auprès de la Couronne. Mais la Seconde Guerre mondiale bouleverse complètement leur existence.

Eltham se trouve sur la trajectoire des bombardements allemands de Londres. Le palais est lui-même touché : en septembre 1940, quatre bombes incendiaires endommagent gravement l'extrémité est du toit du Great Hall, et les serres sont également bombardées.

Il y a aussi un problème très concret : le personnel disparaît progressivement.

Une maison comme Eltham nécessitait beaucoup de domestiques et de jardiniers. Avec la guerre, il devient de plus en plus difficile de maintenir cette organisation. À la fin, ils n'avaient plus que deux jardiniers, ce qui rendait l'entretien de leurs immenses jardins extrêmement difficile.

Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco
Palais médiéval devenu maison Art déco

Leur vie à Eltham, autrefois faite de fêtes, de dîners et d'invités, devient donc très différente. En mai 1944, les Courtauld quittent Eltham, "ayant apparemment fini par être fatigués des bombardements".

 

Après leur départ, Stephen et Virginia finissent par renoncer à leur bail et en 1945, transfèrent le reste du bail au Army Educational Corps. L'armée transforme alors Eltham en centre d'éducation et de formation.

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Le Vieil Incendie

Publié le par Fille Ainée

Le Vieil Incendie

Avec Le Vieil Incendie, publié en 2023, Elisa Shua Dusapin signe un roman bref et profondément sensible consacré aux liens familiaux, aux blessures du passé et à la difficulté de renouer avec ceux que l’on a aimés.

L’histoire commence avec le retour d’Agathe dans le Périgord, après quinze années passées loin de sa famille. Scénariste installée à New York, elle retrouve sa sœur cadette, Véra, qui ne parle plus depuis l’enfance. Les deux sœurs doivent passer neuf jours ensemble pour vider la maison familiale avant sa destruction.

Ce qui pourrait sembler être une simple tâche matérielle devient rapidement une plongée dans les souvenirs. Chaque objet, chaque pièce de la maison fait ressurgir une part de leur enfance et de leur histoire familiale. Entre Agathe et Véra, les mots sont rares, parfois impossibles. Pourtant, le silence, les gestes et les regards deviennent eux-mêmes une forme de langage.

Le titre du roman fait également écho à un ancien incendie qui a ravagé un pigeonnier voisin. Les pierres de la maison familiale doivent servir à sa restauration. Cette histoire d’incendie, jamais totalement éclaircie, entre en résonance avec les blessures que les deux sœurs portent en elles. Le passé n’est donc jamais vraiment éteint : il continue de produire ses effets dans le présent.

Ce qui frappe dans l’écriture d’Elisa Shua Dusapin, c’est sa sobriété. L’autrice évite les grandes explications et les effets dramatiques. Elle avance par petites touches, laissant au lecteur le soin de percevoir les tensions, les regrets et les élans d’affection. La campagne du Périgord, avec son atmosphère automnale, ses paysages et ses silences, devient presque un personnage à part entière.

Au-delà de l’histoire de deux sœurs, Le Vieil Incendie parle ainsi de la mémoire et de la possibilité du pardon. C’est un roman sur ce qui sépare les êtres, mais aussi sur ce qui peut encore les rapprocher. Une lecture délicate et intime, qui montre que les relations les plus fragiles peuvent parfois se reconstruire sans grandes déclarations, simplement à travers une présence retrouvée.

Publié dans Au fil des pages

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Le Livre de Joan

Publié le par Fille Ainée

Le Livre de Joan

Et si, au XIV siècle, une femme avait osé défier l'ordre établi pour conquérir sa liberté ? C'est le pari audacieux de Paul Thurin avec Le Livre de Joan, un roman historique aussi érudit que romanesque, inspiré d'un fait réel : l'incroyable évasion de Joan de Leeds, une jeune religieuse anglaise qui simula sa propre mort pour échapper à la vie monastique.

Nous sommes en Angleterre, en 1318. Cloîtrée depuis son enfance dans une abbaye bénédictine, Joan ne connaît du monde que les murs du couvent et les textes sacrés. Mais son désir de vivre est plus fort que les règles imposées. Avec une intelligence remarquable, elle orchestre une fuite aussi ingénieuse que risquée. Commence alors une aventure qui la mènera jusqu'à Londres, où elle découvrira tout ce que son existence lui avait jusque-là refusé : la liberté, le savoir, les rencontres… et le goût de choisir sa propre vie.

Paul Thurin réussit un bel équilibre entre la rigueur historique et le souffle du roman d'aventures. Son écriture est fluide, vivante et souvent teintée d'un humour discret qui rend les personnages profondément attachants. Joan n'est pas seulement une fugitive : elle devient une héroïne moderne, curieuse, courageuse et déterminée, dans laquelle il est facile de se reconnaître malgré les sept siècles qui nous séparent d'elle.

L'un des grands atouts du roman réside dans sa capacité à recréer l'Angleterre médiévale sans jamais alourdir le récit. Les rues de Londres, les tavernes, les marchés, les monastères et les intrigues religieuses composent un décor foisonnant qui immerge totalement le lecteur.

Au-delà de l'aventure, Le Livre de Joan est une réflexion sur la liberté, l'émancipation féminine et le pouvoir de décider de son propre destin. Joan ne cherche pas à devenir une héroïne ; elle veut simplement vivre. C'est sans doute ce qui rend son histoire si universelle.

À travers ce roman, Paul Thurin redonne vie à une figure historique presque oubliée et lui offre une voix vibrante. On referme le livre avec le sentiment d'avoir accompagné une femme exceptionnelle, dont le courage résonne encore aujourd'hui.

J'ai beaucoup beaucoup aimé !

Publié dans Au fil des pages

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Je pars en mission !

Publié le par Fille Ainée

Je pars en mission !

Je vous quitte temporairement… mais rassurez-vous, je ne vous abandonne pas !

Direction Londres, où je pars retrouver Monsieur 3xrien pour une cure intensive de musées, spectacles et autres réjouissances intellectuelles. La campagne a un charme fou, c'est indéniable… mais au bout d'un moment, on finit par s’en lasser. Je ne vous oublie pas pour autant.

Je vous avais promis une petite aventure, et parole donnée, parole tenue : je tiens à partager mon avancée. Je continue de peaufiner le fond, les accessoires et tous les petits détails qui font la différence.

Je pars en mission !

Avec un peu de recul (et quelques kilomètres de plus au compteur), je pense pouvoir vous dévoiler l'ouvrage terminé début septembre.

Et puis, qui sait ? Les rues londoniennes regorgent peut-être de petits trésors, de l'idée géniale ou de l'accessoire improbable qui viendra apporter la touche finale à cette aventure.

Je pars en mission !

À très bientôt…

Publié dans Petites croix, C'est gratos

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L'invité(e) de Trop

Publié le par Fille Ainée

L'invité(e) de Trop

Dans L’Invité(e) de trop, Lucy Foley nous plonge dans une atmosphère de huis clos aussi élégante qu’inquiétante.

L’histoire se déroule lors d’un mariage luxueux sur une île isolée au large des côtes irlandaises. Alors que les invités célèbrent l’union d’un couple privilégié, les apparences commencent peu à peu à se fissurer : derrière les sourires, les tenues de soirée et les souvenirs partagés se cachent des rancœurs, des secrets et des blessures anciennes.

La fête bascule lorsqu’un événement tragique vient bouleverser la soirée. Pris au piège sur cette île - pendant une tempête - quand personne ne peut vraiment fuir, les invités deviennent tour à tour suspects et enquêteurs. Chacun semble avoir quelque chose à cacher, et les tensions montent à mesure que le passé refait surface.

À travers une narration alternant les points de vue des différents personnages, Lucy Foley construit un thriller psychologique captivant, où le suspense repose autant sur l’identité du coupable que sur les relations complexes entre les protagonistes. Avec son ambiance sombre, ses personnages ambigus et son sens du rebondissement, L’Invité(e) de trop explore les secrets que l’on tente de dissimuler derrière une façade de perfection.

Dévoré d'une traite dans le train ! 

Publié dans Au fil des pages

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A la sueur de mon front... et du reste

Publié le par Fille Ainée

A la sueur de mon front... et du reste

J'avais mis un point d'honneur à le terminer, même si l'idée de transpirer abondamment sur mon ouvrage ne m'enthousiasmait qu'à moitié. Je peux désormais vous confirmer que si un jour cet ouvrage devait faire l'objet de prélèvements ADN, le mien arriverait très largement en tête des résultats !

A la sueur de mon front... et du reste

Mais l'essentiel est là : le bloc 9 est terminé… et l'ouvrage aussi ! 🎉

A la sueur de mon front... et du reste

Il ne me reste plus qu'à le mettre en sandwich et à le matelasser. En revanche, pour cette ultime étape, j'ai décidé de faire preuve d'une sagesse toute relative : rendez-vous en septembre, lorsque les températures auront cessé de transformer mon atelier en hammam.

A la sueur de mon front... et du reste

Publié dans Patchwork

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Eruption d'acné

Publié le par Fille Ainée

Eruption d'acné

Cela faisait des années que je n'avais pas touché une aiguille à broder. Et puis, sans prévenir, le point de croix m'est retombé dessus comme une envie de glace en ces jours de canicule.

D'où me vient cette soudaine envie ? De la chaleur, sans aucun doute. Car enfin, quoi de plus agréable, lorsque le thermomètre s'affole, qu'un tête-à-tête avec un ventilateur qui fait de son mieux, en regardant des séries à la télévision ? Et comme je suis incapable de rester les mains inoccupées, il me fallait un ouvrage facile, rapide et surtout compatible avec mon état de liquéfaction estivale.

J'ai aussi entraîné Moutie dans l'aventure. Certes, elle possède la clim et ne regarde pas de séries télévisées, mais elle a accepté de jouer le jeu malgré tout.

J'ai déniché cette jolie grille - remarquez, si elle avait été affreuse, je me serais bien gardée de vous la proposer - dans un magazine anglais que se télécharge gratuitement mais pour plus de facilité, la voici qui figurait dans le numéro de juillet 2015 de Cross Stitch Collection et sa créatrice est Lesley Teare.

Eruption d'acné

Il s'agit d'un sampler destiné à mettre en valeur des boutons anciens... ou pas. Et des boutons, croyez-moi, j'en ai à foison !

Voici ce qui était proposé à l'époque :

Eruption d'acné

Lorsque mes Nains étaient petits, je les occupais en leur demandant de trier mes boutons par couleur. C'était pédagogique, créatif et surtout bien plus sympa que de les coller devant des dessins animés.
 

Pour mettre mes trésors en valeur, j'ai choisi une toile rouge et brodé un fil sur deux.

Eruption d'acné

L'ouvrage est petit, rapide et parfait pour l’été et je l'ai terminé rapidement, pas pour narguer Moutie mais pour vérifier si la grille ne comportait pas d'erreurs. 

Et si l'envie vous prend de nous rejoindre, sachez qu'il y a un petit défi caché dans cette aventure : ce sampler ne sera qu'une pièce d'un ensemble plus vaste, destiné à prendre place dans une shadow box entourée d'autres accessoires de couture. Ambiance vintage garantie pour celles qui le souhaitent !

Eruption d'acné

Pour vous donner une idée de ce que Moutie et moi avons en tête, j'ai fouillé dans mes tiroirs et exhumé quelques objets oubliés, dont cette châtelaine qui, après un bon nettoyage, m'a réservé une jolie surprise : les initiales « M. L. » gravées dans l'arrondi.

Eruption d'acné
Eruption d'acné

Qui était donc cette mystérieuse M ? Mathilde ? Madeleine ? Marguerite ? Et combien d’ouvrages a t-elle elle-même réalisé de son vivant avec ce couteau suisse des couturières d’autrefois ?

Pour l'instant, je ne sais pas encore exactement à quoi ressemblera mon tableau final. Mais j'ai déjà trouvé le cadre, je continue de fouiller mes tiroirs à la recherche de petits trésors pour accompagner ma grille, et je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour découvrir le résultat de nos cogitations... et de nos fouilles archéologiques domestiques.

N'hésitez pas à m'envoyer des photos de vos créations !

Publié dans Petites croix, C'est gratos

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Une femme à hommes ?

Publié le par Fille Ainée

Une femme à hommes ?

Serais-je une tombeuse d'hommes ? L'expression me semble bien présomptueuse. On dit bien un homme à femmes mais la langue française, si généreuse avec les uns, se montre bien avare d'équivalents pour les autres.

Et puis les hommes dont je parle sont tombés depuis longtemps déjà.

Ils me regardent depuis leurs cartons jaunis, leurs costumes impeccables, leurs uniformes boutonnés jusqu'au col, leurs moustaches soigneusement cirées comme autant de déclarations d'élégance.

Une femme à hommes ?

Je ne connais d'eux qu'une date, un nom de photographe, parfois une ville inscrite au dos d'une photographie. Quelques mots pour toute une vie.

Une femme à hommes ?

Que sont-ils devenus après ce clic qui les a figés pour toujours ?

Ont-ils traversé des guerres, des deuils, des joies ordinaires, des dimanches tranquilles et des saisons qui sont passée sans bruit ?

Une femme à hommes ?

C'est un vice, je l'avoue volontiers.

Je recueille même des photographies de mariage de familles qui ne sont pas les miennes. J'adopte ces souvenirs orphelins. J'aime imaginer la vie qui s'est déployée après l'image, tout ce qui échappe au cadre.

Et j'ai une tendresse particulière pour ces hommes - certains en uniforme - qui arborent un nœud papillon irréprochable et cette gravité tranquille des portraits d'autrefois.

Qui étaient-ils ? Un Anglais, un Australien, un Français, c’est tout ce que je sais d’eux. Des inconnus, désormais.

Je ne peux plus leur rendre leur histoire ni leur nom tout entier (sauf si vous arrivez à déchiffrer celui-ci), mais je peux au moins leur offrir un regard, une place sur un mur, un peu de lumière.

Une femme à hommes ?

Pour leur permettre, pour quelque temps encore, d’exister un peu, je leur ai offert un décor. Je me suis servie d’une toile sur laquelle j'ai collé, à la colle blanche diluée — cette même colle qui laisse en séchant un léger éclat, presque un vernis — une partition de Schubert.

Il n'avait probablement pas imaginé qu'un jour sa musique servirait d'écrin à une petite armée de moustaches, de nœuds papillon et de jeunes enfants en habits dénudés, mais j'aime à penser qu'il ne m'en voudrait pas. C'est, à ma manière, une façon de lui rendre hommage à lui aussi.

 

Une femme à hommes ?

Je n'ai toutefois pas eu le cœur de condamner définitivement mes pensionnaires de papier. Je n'ai pas collé les photographies directement sur la partition ; leurs versos portent parfois les dernières traces de leur existence : une date, un nom de photographe, une ville, quelques mots écrits d'une main disparue depuis longtemps.

Une femme à hommes ?
Une femme à hommes ?

Alors j'ai opté pour une simple pastille autocollante pour ne rien abîmer. Ainsi, si un jour je décide de leur offrir une autre destinée — ou si, par un improbable concours de circonstances, je parviens à retrouver leurs familles ou leurs descendants — je pourrai démonter mon assemblage, libérer mes playboys de leur galerie improvisée et les laisser reprendre le fil de leur histoire.

Une femme à hommes ?
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Faites que ça rentre !

Publié le par Fille Ainée

Ces jours derniers, je me suis rendue dans une grande enseigne qui se dit Mondialistique spécialisée dans la vente de tissus et de mercerie avec une mission simple. Enfin, en théorie. Il me fallait deux choses : le tissu pour le dos du patch de Petit Nain - A Day in Happy Land - et du molleton. Deux articles. Une liste courte. Une affaire de vingt minutes, ai-je naïvement pensé.

Petit Nain avait des exigences très précises : du bleu pâle ou du rose encore plus pâle. Malgré ces critères très pointus, j'ai décidé de faire confiance aux Dieux du Textile et c'est donc pleine d'optimisme que j'ai poussé la porte du magasin.

La quête du tissu lui-même s'est révélée étonnamment facile. Certes, il n'y avait pas beaucoup de choix, mais, fidèle à moi-même, j'ai réussi l'exploit de sélectionner le seul tissu de tout le rayon qui n'était pas soldé. C'est un talent. Certains ont l'oreille absolue ; moi, je repère instantanément l'article au prix fort.

Tout a basculé au rayon molleton.

Je m'adresse à la vendeuse – la même qui venait de couper mon métrage – et lui demande de me montrer les différentes options de molleton.

Elle me regarde, perplexe.

— Du molleton ou de la ouate ?

De la ouate ? Jamais entendu ce terme dans ce contexte. Toutes mes expériences en terme de matelassage s'étant déroulées exclusivement dans la langue de Shakespeare, je me demande soudain si je ne viens pas de commettre une faute de vocabulaire majeure.

Je précise donc :

— C'est pour matelasser un quilt.

Erreur fatale.

Ma prononciation britonnique la laisse totalement pantoise. J'aurais probablement dû dire « kilt ». Mais là, elle m'aurait peut-être montré des tissus écossais !

Je renonce donc au vocabulaire technique et tente une explication, sans pour autant lui raconter l’intégralité de ma vie.

La vendeuse m'emmène finalement devant ce qu'elle appelle de la ouate, et là, surprise : l'étiquette indique noir sur blanc " MOLLETON ".

J'aurais pu le lui faire remarquer, mais il faisait une chaleur abominable dans le magasin et elle venait de m'expliquer que la climatisation était en panne. Dans ces conditions, je n'ai pas osé. Quand on souffre ensemble dans des cas extrêmes, certaines vérités deviennent secondaires.

Nous étions donc là, toutes les deux, ruisselantes, dégoulinantes, transpirantes. La sueur me coulait dans le dos et, honnêtement, si nous avions été au rayon tissu éponge, j'aurais été fortement tentée de m'y rouler dedans..

Je sélectionne donc la " ouate " qui me paraît convenir — le choix se limitant à deux références, toutes les deux synthétiques et la réflexion n'a pas été interminable — lorsque je remarque soudain un détail capital : la largeur du rouleau n'est que de 150 cm.

C’est la cata.

Mon quilt mesure un peu plus de 150 cm. À moins qu'un rouleau de deux mètres de large ne soit secrètement dissimulé dans l'arrière-boutique, ça va coincer.

J'expose donc mon problème à la vendeuse qui me répond avec le plus grand sérieux :

— Il faut adapter la taille de votre ouvrage à celle de la ouate.

Ah.

Mais bien sûr.

Pourquoi n'y avais-je pas pensé ?

Je n’ai qu'à le rétrécir.

Après tout, ce n'est pas comme si ledit patch était quasiment terminé.

Je fais comment exactement ? Un patch en kit ? " Petit Nain : certains blocs sont livrés séparément à toi d’assembler les morceaux, notice fournie " !

Sentant poindre un léger malaise, et sachant pertinemment qu'une recherche internet de trois minutes me permettrait de trouver ce qu'il me faut, j'ai préféré me taire. Après tout, cette pauvre femme aurait probablement préféré être assise dans l'arrière-boutique, collée au ventilateur.

C'est alors qu'elle assène le coup de grâce :

— De toute façon, vous ne trouverez jamais de largeur plus grande. Ça n'existe pas.

Pardon ?

Cela fait plus de vingt ans que je réalise des quilts de grandes tailles et, jusqu'à présent, je n'ai jamais rencontré la moindre difficulté pour trouver de quoi les matelasser.

Serais-je dans une autre dimension ? Dites-moi que je suis dans un canular et que dans 2 secondes, elle va se mettre à rire en disant " je t'ai bien eu Fille Aînée ! ". Et bien non !

Que se passe-t-il dans cette grande enseigne Mondialistique ? Sommes-nous face à une pénurie nationale de molleton, comme lors de la grande disparition de la moutarde des supermarchés il y a quelques années ?

Je suis restée là, muette, éberluée, me demandant soudain quels étaient exactement les critères de recrutement dans cette chaîne de magasins. Manifestement, savoir coudre ne figure pas en tête de liste.

En conclusion, ne croyez pas tout ce qu’on vous dit. Une fois rentrée à la maison, il m’a suffit d’un clic pour trouver chaussure à mon quilt !

Publié dans Patchwork

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Porté disparu

Publié le par Fille Ainée

Porté disparu

Toute guillerette, je m'avance, sereine, vers la ligne d'arrivée. Je gambade, je sautille, je m'autofélicite et je me réjouis d'avoir enfin conclu cette belle aventure après avoir terminé le bloc 12 que voici. Plus que quelques coutures, un assemblage triomphal, et enfin Petit Nain aura bientôt son ouvrage tant attendu.

Sauf que… où est le bloc 9 ?

Porté disparu

Au moment où je termine le bloc 12, je me précipite pour réunir tous mes blocs, patiemment réalisés au cours des derniers mois. Je les étale fièrement sur la table.

Mais le bloc 9 a disparu.

Porté disparu

Volatilisé. Évaporé.

Je dois enfin me rendre à l’évidence, j’ai oublié de monter le bloc 9 !

Je ne suis donc pas encore au bout de l'aventure. Après tout, qui a dit qu'un projet devait se terminer simplement ?

A bientôt donc pour ce fameux bloc 9 qui manque à l'appel !

Publié dans Patchwork

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