Ces derniers temps, je n'ai pu m’empêcher de me perdre dans les rues de Londres tellement il faisait beau. Je pars souvent d’un lieu emblématique — souvent sans même y entrer, tant les tarifs semblent exiger que je vende un de mes poumons — puis je m’abandonne à la ville, le nez au vent, sans itinéraire précis.
Aujourd’hui, notre promenade commence au pied de Cathédrale Saint-Paul, un des monuments les plus emblématiques de Londres. Elle a été reconstruite au XVIIe siècle par l’architecte Christopher Wren après le Grand incendie de Londres, qui avait détruit l’ancienne église médiévale.
Son immense dôme, inspiré de la basilique Saint-Pierre de Rome, domine le paysage londonien et constitue l’un de ses repères visuels les plus reconnaissables.
Au fil des siècles, la cathédrale a accueilli de nombreux événements majeurs, notamment des funérailles nationales et des cérémonies royales.
Son petit truc en plus ? La “Whispering Gallery” : on chuchote d’un côté, et quelqu’un à l’autre bout entend.
Pas sûre que cela soit vraiment approprié pour une sieste mais bon, chacun ses choix...
De là, par curiosité, j’ai traversé la Tamise en empruntant le Millennium Bridge, cette passerelle moderne qui relie la cathédrale à la rive sud. Elle mène presque tout droit vers la Tate Modern, ancienne centrale électrique reconvertie en musée d’art contemporain.
Depuis le Millennium Bridge, la vue se déploie avec une clarté remarquable : d’un côté, la silhouette élancée du The Shard s’élève au-dessus de la ville et de l’autre, le Shakespeare's Globe.
Le Shard est le plus haut gratte-ciel du Royaume-Uni, culminant à 310 mètres. Inauguré en 2012, il a été conçu par un architecte italien, qui s’est inspiré de la forme d’un éclat de verre pour dessiner cette tour élancée.
Le Globe est une reconstitution moderne du théâtre élisabéthain associé à William Shakespeare. Le bâtiment original, construit en 1599, était le lieu où furent jouées de nombreuses pièces du dramaturge avant d’être détruit puis reconstruit, et finalement disparu au XVIIe siècle.
La version actuelle, inaugurée en 1997, a été édifiée à proximité de l’emplacement d’origine, en respectant autant que possible les techniques et matériaux de l’époque. Sa structure circulaire en bois et son toit de chaume recréent l’atmosphère des théâtres de la Renaissance anglaise.
Revenons ensuite sur la rive nord de la Tamise. Depuis le Millennium Bridge, il suffit de quelques pas pour s’éloigner de l’agitation et retrouver un autre rythme.Très vite, les grandes artères cèdent la place à un enchevêtrement de ruelles. On s’y laisse happer presque malgré soi : chaque détour réserve une surprise, chaque façade porte les traces d’un autre temps. On avance sans véritable but, guidé par la curiosité et c’est ainsi que j’ai découvert le Guildhall, un des bâtiments historiques les plus importants de la City de Londres.
Depuis le Moyen Âge, il constitue le siège administratif de la City of London Corporation, l’institution qui gouverne le cœur historique de la capitale.
Construit au XVe siècle, il est particulièrement connu pour sa grande salle, un vaste espace gothique utilisé pour des cérémonies officielles, des banquets et des événements publics. Bien que le bâtiment ait été endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été restauré en respectant son style d’origine.
Non loin de là, Monument, une colonne commémorative érigée pour rappeler le Grand incendie de Londres, qui ravagea une grande partie de la ville en 1666. Situé non loin de l’endroit où le feu s’est déclaré, il marque symboliquement le point de départ de la catastrophe.
Il s’élève à environ 62 mètres de hauteur — une distance qui correspond à celle séparant le monument du lieu exact de l’incendie. À l’intérieur, un étroit escalier en colimaçon de plus de 300 marches permet d’accéder à une plateforme d’observation.
Et enfin, un petit oasis dans le vacarme de la ville, le Dunstan Garden, plus précisément le jardin de l’ancienne église de St Dunstan in the East Church Garden. Un lieu singulier au cœur de la City de Londres.
L’église d’origine, construite au Moyen Âge, a été gravement endommagée lors du Blitz de Londres. Plutôt que d’être reconstruite, ses ruines ont été transformées en jardin public.
Aujourd’hui, les murs gothiques encore debout sont envahis par la végétation : lierre, arbres et plantes s’entrelacent avec la pierre ancienne, créant un contraste marquant entre architecture et nature. L’espace est calme, presque caché au milieu des immeubles modernes, et offre un lieu de pause inattendu dans une ville dense et animée.
C’est un endroit apprécié pour son atmosphère particulière, à la fois historique et paisible, qui donne l’impression d’un fragment de Londres suspendu dans le temps.
C’est ici que s’est achevée ma promenade urbaine mais rassurez-vous, il y en aura beaucoup d’autres !