La Mode est une Fête !

Publié le par Fille Ainée

Il y a quelques mois, je vous avais emmené voir l’exposition Worth au Petit Palais, à Paris. Aujourd’hui, je vous emmène, toujours à Paris, au Musée des Arts Décoratifs, qui consacre - jusqu’au 11 janvier 2026 - une grande exposition à Paul Poiret (1879-1944), figure incontournable de la haute couture parisienne du début du XX siècle.

Reconnu pour avoir libéré le corps féminin en supprimant le corset et en introduisant des silhouettes plus fluides, Poiret marque une rupture décisive dans l’histoire du vêtement féminin.

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Robe d'intérieur taillée dans un velours de soie à grands motifs de roses, vers 1895, Maison Worth

Robe d'intérieur taillée dans un velours de soie à grands motifs de roses, vers 1895, Maison Worth

(Au centre) Costume de hussard du Premier Empire, vers 1900

(Au centre) Costume de hussard du Premier Empire, vers 1900

Robe de jour à transformation avec corsage, 1900-1905, Maison Doucet

Robe de jour à transformation avec corsage, 1900-1905, Maison Doucet

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Recruté en 1901 par Gaston Worth pour concevoir une ligne plus jeune et plus simple, Poiret y apprend les codes du grand luxe tout en affirmant déjà sa volonté d’alléger la mode féminine. Son talent attire rapidement l’attention, mais son audace détonne : trop moderne pour les clientes de la maison Worth, il choisit bientôt de voler de ses propres ailes et fonde sa propre maison de couture en 1903.

Sa première collection, en 1907, marque une rupture historique : les corsets disparaissent, la taille devient haute, les coupes s’assouplissent et les tissus gagnent en fluidité. Il s’agit là d’un geste radical.

Manteau Nénuphar, 1911

Manteau Nénuphar, 1911

Manteau du soir, vers 1910

Manteau du soir, vers 1910

Manteau, vers 1911

Manteau, vers 1911

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En redessinant la silhouette féminine, Poiret accompagne les transformations sociales de son époque. À l’heure où les femmes revendiquent davantage de libertés, il leur offre la liberté corporelle. La mode devient alors un vecteur d’émancipation.

Robe du soir, 1908

Robe du soir, 1908

Robe du soir Eugénie, 1907

Robe du soir Eugénie, 1907

Robe du soir, 1907

Robe du soir, 1907

Robe du jour "Gavarni", 1906

Robe du jour "Gavarni", 1906

Robe d'été "Fleurie", 1912 et Manteau du soir, 1919

Robe d'été "Fleurie", 1912 et Manteau du soir, 1919

La Mode est une Fête !

Mais Poiret ne se limite pas seulement aux vêtements. Visionnaire, il conçoit la mode comme un art total, où tout – du vêtement, à l’intérieur, au parfum et à la fête – participe à un même univers esthétique. En 1911, il fonde la première maison de parfum associée à un couturier, Les Parfums de Rosine, du nom de sa fille. Il crée également Martine, un atelier de décoration dirigé par sa femme Denise, qui traduit son goût pour la couleur, les motifs orientaux et l’art décoratif.

"Denise à la fête de la Mille et Deuxième Nuit" de George Lepape, gouache sur papier

"Denise à la fête de la Mille et Deuxième Nuit" de George Lepape, gouache sur papier

Poiret aime également éblouir et transformer la mode en spectacle. Ses somptueuses réceptions, dont la plus célèbre reste la fête de "La Mille et deuxième nuit" en 1911, marquent les esprits par leur faste et leur exubérance. Vêtements, décors et musique y forment un tout harmonieux, reflet de sa volonté de fusionner les arts.

Marqué par la Première guerre mondiale qui le mobilise en 1914, Poiret retrouve ensuite son souffle créatif dans les fêtes qu’il organise, les voyages qui nourrissent son imaginaire et les collaborations avec les artistes de son temps. Il habille également les comédiennes et danseuses les plus en vue de la Capitale.

Robe du soir "Tolède", 1921

Robe du soir "Tolède", 1921

Robe du soir "Spi", 1922

Robe du soir "Spi", 1922

Le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, plonge le visiteur dans l’univers foisonnant du créateur : de ses débuts à l’apogée de sa maison de couture, puis à son lent déclin après la Première Guerre mondiale.

Robe Exotique, 1922

Robe Exotique, 1922

Costume de danse, 1921

Costume de danse, 1921

Tailleur jupe, 1920 et Manteau La Source, 1924

Tailleur jupe, 1920 et Manteau La Source, 1924

Robe, Maison Nicole Groult, vers 1921 et Robe "Abbesse", vers 1920

Robe, Maison Nicole Groult, vers 1921 et Robe "Abbesse", vers 1920

Robe "Malgré Moi", 1919

Robe "Malgré Moi", 1919

Tunique "Caro", 1907 (à droite)

Tunique "Caro", 1907 (à droite)

Tandis que la mode évolue vers une élégance plus sobre et rationnelle - incarnée par des créateurs comme Coco Chanel - son style somptueux paraît soudain dépassé. Poiret finira ruiné et oublié, mais son influence demeure immense.

Robe "Tarta", Agatha Ruiz de La Prada, 1994

Robe "Tarta", Agatha Ruiz de La Prada, 1994

Tailleur jupe, Comme des Garçons, 2013

Tailleur jupe, Comme des Garçons, 2013

Par son audace, son sens du spectacle et sa conception de la mode comme art de vivre, il a ouvert la voie à la modernité vestimentaire.

L’exposition qui réunit près de 550 œuvres – vêtements, croquis, photographies, papiers peints, objets d’art décoratif et flacons de parfum – dont beaucoup sont exposées pour la première fois, met en lumière son héritage, visible chez de nombreux créateurs contemporains qui, comme lui, cherchent à concilier liberté du corps, richesse des matières et vision artistique.

Ce que j’aime chez Poiret, c’est qu’il y avait quelque chose de contemporain dans la façon dont il concevait les vêtements sur le corps d’une femme”, Gracelee Lawrence.

Ensemble du soir, Yves St Laurent, 1976 et Manteau, Maitrepierre et sculpture portable, Gracelee Lawrence, 2024

Ensemble du soir, Yves St Laurent, 1976 et Manteau, Maitrepierre et sculpture portable, Gracelee Lawrence, 2024

Ensemble du soir manteau et robe, Christian Dior par John Galliano, 1998

Ensemble du soir manteau et robe, Christian Dior par John Galliano, 1998

Schiparelli

Schiparelli

John Galliano

John Galliano

En sortant de l’exposition, on a le sentiment d’avoir traversé un rêve chatoyant, peuplé de soieries, de parfums et de fêtes. Paul Poiret, l’artiste qui voulait libérer le corps et célébrer la vie, demeure une figure lumineuse, même dans sa chute.

Paul Poiret
Paul Poiret

Paul Poiret

Si vous avez envie de découvrir cette exposition mais ne pouvez pas vous déplacer, voici ICI un petit livret pour une visite à distance ou encore LA.

Je vous souhaite une belle découverte !

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I
Merci pour la promenade, quelle élégance dans les étoffes, les motifs,les tenues.<br /> Bonne journée.
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L
merci pour ce reportage, ces vêtements sont magnifiques, et pour les explications relatives à Paul POIRET. bonne soirée
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