En plein coeur de la ville
Niché au pied des tours Petronas, en plein centre ville, se trouve Kampung Baru (« nouveau village » en bahasa). Sauf que ce quartier n’a plus rien de nouveau. C’est littéralement un survivant du bulldozer qui a rasé le reste de la ville pour faire place à des bureaux et centres commerciaux.
Dans les années 1880, les Britons occupant Malaya décident de déplacer ces agriculteurs qui les gênent. Et sous prétexte de leur donner un endroit bien à eux où ils pourront s'autogérer (les écartant ainsi des affaires coloniales), ils leurs attribuent cette parcelle. C’est ainsi que Kampung Baru est né et qu'il est devenu depuis une amalgamation de sept villages sur plus de 120 hectares, en plein cœur de la ville.
Les règles étaient très claires à l’époque : les parcelles de Kampung Baru ne pouvaient être possédées que par des Malais. Et c’est toujours le cas aujourd’hui.
De quartier rural, Kampung Baru est vite devenu au 20eme siècle un centre intellectuel et un foyer d'opposition politique malais, théâtre de manifestations pour l'indépendance après guerre et lors des émeutes du 13 mai 1969.
Lorsque l’on pénètre dans Kampung Baru, on se trouve vraiment transporté ailleurs.
Ce quartier à faible densité de population est une bouffée d’air frais. Enfin, remarque totalement métaphorique vu que depuis quelques temps nous sommes empoisonnés par les fumées venant d’Indonésie.
Kampung Baru est à présent devenu le symbole de l’héritage malais et de la tradition.
La plupart des maisons en bois ont des jardins dans lesquels poussent frangipaniers, cocotiers et bananiers alors que dans le lointain on aperçoit des immeubles modernes et le bitume des voies express.

L’architecture des maisons est traditionnelle et bien que certaines aient été très bien conservées par leurs propriétaires, d’autres tombent en désuétude.
C’est ce qui pousse aujourd’hui le gouvernement à prendre action. Il est régulièrement question de redéveloppement pour faire place à des centres commerciaux mais les habitants se battent férocement pour préserver leur village. Et on les comprend. Pas folle la guêpe !