Celui que l’on n’attendait plus
Chaque été, je passe quelques jours dans les toiles d’araignée lors de l’ouverture de la maison. On m’a un jour assuré qu’une maison avec des toiles d’araignée est une maison saine. Je peux vous confirmer que la mienne pète la santé ! D’ailleurs, c’en est indécent. Et, cet été, au beau milieu de ces toiles arachnéennes, voilà que je redécouvre un châle abandonné sur le dossier d’une chaise. Un châle inachevé ! Ou plutôt achevé mais non bloqué.
Se pose alors LA grande question existentielle : lequel ai-je fait semblant de terminer et dont je ne vous ai pas parlé ? Et là, je comprends que ce châle, en fait, ne peut être autre que mon Carmen que je vous avais poussé, l’année dernière, à terminer alors que discrètement je vous taisais mon échec. Et en parcourant mon blog, je m’aperçois que j’avais fièrement publié les photos de vos réalisations.
La raison de mon abandon est clair : les mailles rabattues sont tellement serrées qu’il m’avait été impossible de le bloquer. Un peu comme si j’avais tiré sur ma laine en pensant à mes déboires futurs avec le Maçon qui rend fou. Un truc nerveux quoi !
Comme évidemment, il était hors de question de laisser cette œuvre à l’état d’épave, j’ai patiemment détricoté le dernier rang, réussi à retrouver un coton dont la couleur s’approchait (parce qu’évidemment plus de laine d’origine) de la teinte initiale et je me suis empressée de lui faire prendre un bain.
C’est à présent sur les épaules de Petit Nain qu’il a trouvé sa place.
Ce qui relance bien entendu le débat du Gerda que je ne vous ai toujours pas montré. Et bien figurez-vous que je suis tombée en panne de fourniture dans la bordure et qu’il a donc fallu attendre mon arrivée dans ma Provence Natale pour aller chercher une ultime pelote à l’usine Anny Blatt (excuse, belle excuse). Inutile de vous ruer chez eux, je ne me suis bien entendu pas contentée de n’en acheter qu’une seule mais les étagères sont un peu vides après mon passage. Et comme le banquier de Monsieur 3xrien n’en loupe pas une, j’ai eu droit au texto suivant « mais tu n’as quand même pas dépensé tout ça dans de la laine ? » de la part de Cher et Tendre. Car sachez qu’à chaque fois que je fais flamber la plastique du compte joint, Horrible Banquier envoie un texto à Monsieur 3xrien. Je vis, après tout, dans un pays largement misogyne dans lequel les épouses dévouées et non dépensières ne font visiblement pas de tricot !