Tout processus créatif passe par le fond
En m'activant à essayer de retrouver mes ouvrages de points de croix inachevés, je me suis retrouvée nez à nez avec un patch coloré que j'avais du commencer il y a plus de 10 ans. La question existentielle que je me suis immédiatement posée a été "pourquoi cet ouvrage figure t-il parmi mes UFOs ? Pour quelle raison obscure n'a t-il jamais été terminé”.
Il dormait sagement, coincé entre les pages d’un livre, accompagné des tissus soigneusement rangés pour sa réalisation. Piquée par la curiosité et un brin téméraire, j’ai tout étalé devant moi, examiné la bête et, après quelques minutes d’observation intense, le verdict est tombé… implacable, irrévocable !
Je ne sais pas si c’est pareil pour tout le monde, mais chez moi, la réalisation d’un ouvrage suit toujours un véritable rituel en plusieurs étapes. D’abord, il y a la quête du projet : une phase cruciale qui peut s’étirer sur plusieurs jours. Je cogite, je farfouille, je navigue sans fin… et bien sûr, je me perds volontiers dans les méandres de mon Site de Perdition. Jusqu’à ce que, soudain, l’étincelle créative jaillisse et m’embarque dans une nouvelle aventure.
Vient ensuite la grande ruée sur les matériaux. En principe, je tente d’abord de piocher dans mes stocks déjà bien garnis. Mais, il faut bien l’avouer, il m’arrive parfois d’invoquer le manque cruel d’un certain coloris comme prétexte (qui ne dupe personne) pour m’offrir une petite virée dans les boutiques spécialisées. Résultat, je me laisse parfois aller à quelques « indispensables » supplémentaires qui viennent s’ajouter au stock déjà existant.
La troisième étape est un pur délice : la lancée. Si, par malheur bonheur elle me prend dès le matin, inutile d’espérer me voir émerger avant un bon moment. Le temps se dilue, les heures disparaissent, et il n’est pas rare que j’oublie purement et simplement de déjeuner. Quant au monde extérieur… disons qu’il peut bien tourner sans moi. C’est d’ailleurs pour cette raison que Monsieur 3xrien a très vite appris à se débrouiller seul et qu’il se garde bien d’émettre le moindre commentaire.
Cependant, un grand mystère reste entier : que se passe-t-il entre l’étape de la lancée et le moment où l’ouvrage bascule dans la triste catégorie des UFOs ? À quel instant précis mon enthousiasme flamboyant se met-il à faiblir ? Petit à petit, ce qui ressemblait à une grande aventure pleine de promesses se transforme en une routine monotone… puis, insensiblement, glisse vers l’oubli, relégué au fond d’un tiroir. Est-ce la longueur du projet qui finit par user ma motivation ? L’absence de vision claire de ce qu’il deviendra une fois terminé ? Ou bien tout simplement la tentation irrésistible d’un nouveau projet venu lui voler la vedette ?
En ce qui concerne mon fameux patch coloré, la raison de son abandon était d’une évidence affligeante : j’avais tout simplement manqué de tissu. Navrant, n’est-ce pas ? Plutôt que de chercher une solution et de résoudre ce petit souci d’approvisionnement, j’ai préféré sournoisement reléguer mon ouvrage au fond d'une boîte, en me disant sans doute que le futur MOI se chargerait de réparer cet échec.
Et que celle qui n’a jamais agi ainsi me lance la première pierre (pas trop fort quand même !). J’avoue que j’ai bien failli, une fois de plus, refermer le couvercle de ma boîte sur ce pauvre patch et passer mon chemin. Mais, dans un dernier sursaut impulsif, j’ai décidé de lui accorder une ultime chance.
Le souci ? Ce patch était censé être carré. Alors, à défaut de pouvoir lui rajouter les deux bandes manquantes pour lui donner sa forme, j’ai choisi la solution radicale : j’en ai retiré une.
Il était bien entendu hors de question de prétexter un manque de tissu pour le dos, et j’ai donc puisé dans mes réserves. J’aurais peut-être préféré un fond plus coloré, rappelant les bleus et oranges du top, mais c’est ainsi.
Pour le quilting, j’ai travaillé la partie centrale avec l’aide de mon walking foot, que je commence à bien maîtriser, et j’ai terminé les bordures à la main. Quant au biais de finition, il traînait déjà dans mon atelier, attendant patiemment son heure de gloire.
Le modèle de cet ouvrage provient de cette publication. Du coup, en le feuilletant après coup, je me suis, de nouveau, sentie inspirée. Cela ne finira donc jamais ?!?
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