Dur dur de faire pousser des plantes sur le pont du bateau. L’air iodé me les brûle, Boule de Poil me les mange, ou alors j’oublie de les arroser. Alors quand j’ai vu pointer le nez de cette première fraise, les Nains et moi avons fait une petite danse de la pluie pour célébrer cette occasion !
Maintenant, qui va la manger ?
Si seulement, mon basilic pouvait faire un effort lui aussi.
Quant à la menthe, je crois que je n’ai rien à lui dire !
Je sens que je vais me lancer dans la tomate cerise !
Cet été, vous n’allez pas me louper sur les marchés provençaux. Je me suis, en effet, équipée d’un cabas de choc aux couleurs tellement vives que même par temps d’orage, on va me repérer !
J’avais été, à la base, fortement inspirée par le sac « Ruby » vu chez Cinderberry Stitches. J’aime beaucoup les couleurs de Natalie Lymer et j’avais envie de rose et de vert. Surtout après avoir reçu ma commande de tissus coordonnés de Fabric.com !
Comme j’aime beaucoup les grands sacs – si pratiques pour y transporter toute la merdouille familiale – j’ai modifié mon idée et je suis alors partie sur un type de cabas qui se vendent si bien sur mon marché provençal local. Seulement voilà, je déteste être prise pour une touriste et payer 29 euros pour un cabas que je n’utiliserais que 2 mois de l’année me semblait légèrement exagéré. J’ai même l’impression que si j’achetais mon cabas l’hiver, je le trouverais à bien meilleur prix mais s’il faut pour cela que j’achète un billet d’avion …
Pour en revenir à mon cabas Vitamine C, je sens que lui et moi, on va en faire des achats ! Les anses viennent de chez ma mercière japonaise, mais je vous en ai trouvé des toutes pareilles ICI. J’ai placé un fond cartonné pour lui donner une meilleure assise et une petite poche à l’intérieur pour y retrouver mes clefs.
Bon d’accord, je l’admets, le résultat final n’a rien à voir avec mon inspiration de base et alors ?
Et bien, pour tout vous dire, il n’y en a pas eu beaucoup ! Cadette et moi avons grandi dans un univers dépourvu de poils, de bavouille sur les coussins du canapé, de griffes sur les meubles. Monsieur Moutie n’aimait pas ça !
Nous avons bien eu, vers l’âge de 9/10ans, un hamster. Ce n’est pas une bébête très interactive mais bon, à défaut, il fallait bien s’en contenter. Sauf que la sale bête s’exténuait à remplir ses bajoues de graines (comme si elle allait en manquer) et qu’un jour, les bajoues ont crevé. Que faire ? Et bien Moutie avait mis le rongeur dans une chaussette, pris rendez-vous chez le vétérinaire et attendu son tour dans la salle d’attente entre un doberman et un chiwawa. Ca a dû en faire rire plus d’un ! Maintenant, avec le recul, si nous avions eu Internet, nous aurions pu savoir que c’est une chose tout à fait normale et qu’il n’a pas lieu de s’inquiéter. Moutie aurait ainsi pu économiser ses maigres économies et laisser la bestiole dans sa cage, au chaud, sous sa sciure de bois.
Depuis que nous sommes sur notre île chaude et humide, nous avons perpétué la tradition du rongeur mais plus à des fins éducatives que ludiques. Grand Nain, voyez-vous, refusait de manger ses bouillies quand il était au stade raccourci et pour lui faire ouvrir la bouche, nous déposions la bestiole (pas très hygiénique mais que ne ferait-on pas pour faire manger un Nain) sur le plateau de sa chaise haute. Le Nain était tellement occupé par le rat qu’il avalait tout ce que je lui donnais. Si j’avais su ce qu’il allait manger plus tard, je ne me serais certainement pas inquiétée. Mais voilà, quand on est jeune maman, on s’angoisse de tout.
Nous n'avons jamais eu de poisson mais je me souviens par contre qu’à l’école maternelle, la maîtresse avait un poisson rouge dans un bocal tout rond qu’elle gardait en classe. Et c’était chacun à son tour que nous changions l’eau du poisson. Sauf que lorsque ça a été mon tour, je me souviens très clairement que le bocal m’avait échappé des mains et s’était écrasé à mes pieds dans le couloir. Je devais avoir 6/7 ans. Depuis ce jour, je n’aime pas les poissons, même ceux qui flottent sous mon hublot.
Et puis maintenant, il y a Boule de Poil, la Lady de la race féline. Vous le savez déjà, BdP est un chat dégobilleur, miauleur, qui pour attirer l’attention, pose son auguste arrière-train sur mes ouvrages. BdP a ses habitudes et nous le rappelle constamment. Elle boit uniquement au robinet, n’aime que les croquettes Friskies au poulet et dort sur les pieds de Grand Nain à qui elle lèche la figure le matin quand elle juge qu’il est temps de se réveiller. En un mot, BdP fait sa loi. Et pourtant, elle n’a pas toujours eu la vie facile.
Trouvée dans une poubelle, enfermée dans un sac en plastique quand elle était petite, BdP a grandi dans un refuge. Elle a ensuite été adoptée par des Britanniques qui l’ont gardée un an avant de rentrer chez eux. BdP devait les rejoindre après ses vaccins, mais ses propriétaires ont changé d’avis et l’ont abandonné. C’est ainsi que, après avoir vu une annonce au supermarché, nous l’avons accueilli. Depuis, BdP mène la belle vie et moi je ramasse les poils et j’éponge les dégueulis verdâtres.
La prochaine fois, je vous raconte les frasques de Grand Papi et Grand-Mamie.
…la rubrique de Minimique, cette fois-ci ! Ben oui, Domi, ça peut pas être toujours ton tour.
Il y a quelques semaines, Minimique m’avait demandé si je pouvais lui souffler une idée de porte-clefs. Paraît que Fifille en avait envie. Dans ce cas-là, sortons les limiers, truffe au vent et cherchons. J’avais trouvé cette idée très originale de porte-clefs pot de fleur (tuto gratuit ICI) et Minimique était partie travailler son projet sur la planche à dessin.
Et il y a quelques jours, voilà ce qu’elle m’a envoyé :
Fifille aimant les chats, le pot de fleur a été remplacé par un bon gros matou et la plante par une souris. Par contre, Minimique souligne “je ferai peut-être une petite modification par la suite en remplaçant la petite souris par une arête de poissonen feutrine noire, mais plate car la souris risque de se déformer dans le sac à main.....”. Vous voilà prévenues ! Moi je ne sais pas, mais cette souris me plaît quand même beaucoup !
Cela fait longtemps que je cherche, je cherche, je cherche, une étiquette pour signer mes patchs. Je ne demande pas le monde, je veux juste un petit morceau de coton illustré pour laisser une trace de moi. Histoire d’empêcher mes Nains de se débarrasser de mes œuvres après ma disparition en prétendant ne pas savoir qui les a réalisé.
Et bien non, impossible de trouver quoi que ce soit de joli et peu cher à la fois. Il y a bien les sites australiens qui proposent de très jolies étiquettes mais ça vous dit vous de donner plus de 5 euros, frais de port non compris ? Moi, je trouve cela du vol et je m’en étrangle d’indignation.
J’ai un moment considéré passer un morceau de coton dans mon imprimante pour imprimer mes propres étiquettes. Seulement voilà, je doute que le résultat eut été convaincant et je suis certaine que le tissu serait resté coincé à l’intérieur. Alors conduite, par manque de moyens, à des mesures extrêmes, je les ai dessinées "moi-même" ces étiquettes. Et j’en suis toute fière. Un morceau de coton, un feutre indélébile, une fenêtre et voilà !
Cela m’a pris 2mn pour décalquer un joli dessin trouvé sur Internet. Même pas honte d’avoir copié, z’avait qu’à les vendre moins cher leurs étiquettes !
PS : n’oubliez pas de les repasser pour bien fixer l’encre !
Le bleuet ! Petite fleur fort charmante en soi, mais quand elle devient répétitive, on s’en lasse ! La Tortue m’a bien suggéré l’idée de faire un « copier coller » pour s’éviter un tennis elbow de la frise mais non, mais non, on persévère, on brode d’arrache-pied et on oublie qu’on vient de broder pour la 40eme fois la même petite fleurette de m…. Preuve, j’ai continué sur ma lancée, incapable de m’arrêter.
Je te rassure La Tortue, notre heure de gloire, un jour viendra (peut-être plus tard pour toi vu que tu es déjà à la traîne) et lorsque l’ouvrage sera enfin terminé, tu repenseras avec nostalgie à toutes ces heures penchée sur la toile. Quant à Martine, toi, je te tiens à l’œil car j’ai bien remarqué la dernière fois que tu avais été un peu vite dans le tournant ! C’est pas beau de tricher comme ça.
Fini, je peux enfin respirer. Cela fait 15 jours que je retiens mon souffle, 562 pages en apnée ! Je l’ai emmené partout avec moi ce livre. A en souhaiter qu’il pleuve tous les jours pour me permettre de rester échouée sur mon canapé, à dévorer cet ouvrage page après page.
La traduction française de son titre original « The Help » n’exprime malheureusement pas son véritable contenu et c’est dommage. Je me mets bien sûr à la place du traducteur qui a voulu être original et a pris des libertés avec le texte mais peut être un « Bonnes à tout faire » eu été plus adéquate sans pour autant, il est vrai, exprimer la notion de relations raciales.
Cet ouvrage raconte la vie de 3 femmes, en 1962, au Mississipi. Aibileen et Minny sont noires et travaillent comme bonnes dans des familles blanches. Elles élèvent les enfants, font la cuisine, le ménage, font partie du quotidien des femmes qui les emploient sans pour autant être intégrées. Au contraire ! Sur fond de racisme et de violence, les relations entre les deux communautés sont tendues. On ne se mélange surtout pas et c’est à chacun de respecter ces lois de ségrégation sous peine d’y perdre sa vie. Et puis, un jour, Skeeter, femme blanche qui refuse de se conformer à cet ordre d’esprit, décide d’écrire un livre pour raconter ce que vivent ces femmes au quotidien : les abus, les insultes, les vexations, les humiliations.
Au fil de leurs récits, nous sommes plongés dans leur quotidien. Aux côtés d’Aibileen, dans la cuisine, nous humons les plats qu’elle prépare, nous nous occupons de Baby Girl que sa maman ne regarde jamais, nous serrons les dents en versant le thé, invisible, pendant que Ma’am discute avec ses amies des travaux qu’elle a entrepris dans son garage pour installer un cabinet de toilette rien que pour sa bonne et déclarer en toute impunité qu’une femme de couleur ne peut décemment pas poser son derrière sur un siège réservé aux derrières blancs car il est prouvé que les Noirs sont porteurs de beaucoup plus de maladies que les Blancs. Nous aussi, nous avons envie de hurler et de changer cette société névrosée.
C’est un roman magnifique basé sur des faits réels. Des vies racontées avec un style simple, sans fioriture, un récit haletant, des personnages attachants qui donnent envie de tourner la page encore et encore et de ne jamais finir.
Cette histoire m’a beaucoup poursuivie et en pleine introspection, je me suis demandée si les choses avaient beaucoup changé pendant toutes ces années. J’en suis venue à la conclusion que non, malheureusement. Et je suis certaine que des histoires telles que celles d’Aibileen et de Minny se déroulent encore sur mon île chaude et humide.
SuperNanny vient des Philippines et sa peau a une jolie couleur café au lait qu’elle déteste et que je lui envie ! SuperNanny est venue à nous après une longue série de Nannies qui n’avaient franchement rien de super. La première était jolie, jeune, et plaisait beaucoup à Monsieur 3xrien. Je ne suis, cependant, pas certaine que c’était pour ses talents ménagers ! Elle m’avait un jour coupé le rideau de la douche et raccommodé le trou qu’elle avait fait en l’essuyant. Le rideau était tellement court que toute l’eau passait en-dessous. Elle ne m’avait jamais rien dit pensant que je ne le verrais pas. J’avais également retrouvé, en déménageant, beaucoup de vaisselle cassée qu’elle cachait dans des coins sombres pour éviter d’avoir à m’expliquer la disparition de mon service.
Une autre que j’avais embauchée alors que Grand Nain n’avait que deux mois et à qui j’avais nerveusement confié la garde de mon précieux paquet pour retourner au travail après mon congé maternité, collait le Nain devant la télé et attendait mon retour assise sur un tabouret dans la cuisine. Elle n’est pas restée longtemps non plus. Nous avons tous comme ça des histoires plus ou moins amusantes de nos relations avec ces femmes, mais du moment que cela reste au niveau de l’anecdote, je suis certaine qu’elles aussi doivent bien rire de nos faits et gestes, le soir à la veillée.
Nous employons SuperNanny depuis maintenant 7 ans. Elle a commencé alors que Petit Nain n’était qu’une bosse et lorsqu’elle a décidé d’abandonner son travail à temps plein pour un couple japonais sans enfants, sans repassage (tout était envoyé chez le teinturier), sans repas à préparer et sans poussière, j'avais cru qu'elle avait perdu la tete. Je l’avais bien prévenu que les choses étaient « légèrement » plus actives chez nous. Elle avait immédiatement accepté avec un large sourire. Et à cette époque, bien que soulagée de la voir s’activer pour moi, je m’étais demandé pourquoi. Maintenant, je sais.
SuperNanny, pleine puissance
Les femmes qui travaillent chez nous, qui élèvent nos enfants, repassent nos chemises, font nos courses, préparent nos repas, sont des femmes qui ont tout quitté. Même leurs propres enfants ! Elles fuient la misère et espèrent qu’en venant sur cette île chaude et humide, elles gagneront assez d’argent pour soutenir leur famille. Malheureusement, certains employeurs, bien conscients de leurs situations, prennent des libertés qui sont intolérables. Le contrat d’une « helper » est de 2 ans, renouvelable bien sûr. Au bout de ces 2 ans, cette SuperNanny est autorisée (notez mon choix de vocabulaire) à prendre 7 jours de congés payés. Elle doit travailler 6 jours sur 7, ses horaires journaliers varient en fonction des demandes de l’employeur, mais il n’est pas rare que lorsqu’elles sont logées chez leur patron, elles dorment dans la chambre du bébé et doivent alors faire non seulement les corvées de jour mais aussi celles de nuit.
Il n’est pas rare de lire des cas d’abus à la une des journaux, comme celui de cette pauvre femme à qui sa patronne avait brûlé les mains avec un fer à repasser car elle avait mal repassé les chemises du mari. La dite patronne était avocate ! Mais ces cas ne sont dans la presse que lorsque ces femmes ont le courage de parler. Combien d’autres cas sont encore ignorés ! Le gouvernement est lui-même coupable de ségrégation. Au bout de 7 ans, tous ceux qui ont vécu, travaillé et contribué au développement de cette île chaude et humide ont droit au statut de « résident permanent ». Tous, sauf ces femmes.
Maintenant, je tiens à vous rassurer et à vous dire que je n’ai JAMAIS traité SupperNanny de cette façon. Au contraire ! Elle n’est jamais malade, n’est jamais arrivée en retard, ne m’a jamais menti, volé et je lui fais tellement confiance que je lui confie la garde de mes SuperNains lorsque je voyage. C’est une perle et je tiens à le clamer haut et fort. SuperNanny a un mois de vacances par an (ce qui est nettement plus que Monsieur 3xrien), loge dans une petite maison dont nous payons le loyer, travaille à temps partiel sur un salaire de temps plein et je suis forcée de lui demander de lâcher le chiffon tous les soirs sinon je la retrouverai dans ma chambre au moment du coucher.
SuperNanny ne fait ni les courses, ni la cuisine mais par contre je lui laisse le repassage avec plaisir. Si vous lâchez SuperNanny dans une pièce, c’est une bombe. Tout y passe. Elle vous vide tous les placards, désinfecte, essuie, vaporise… Je n’ai, bien entendu, jamais demandé à SuperNanny de faire ses pauses pipi par-dessus bord mais je peux vous assurer que nombreux sont les appartements ici où il existe un espace placard que l’on appelle de façon hypocrite un « maid’s quarter » qui abrite non seulement un lavabo, une douche, une tinette mais également un lit.
Au bout de 7 ans, nous avons appris à nous connaître, je commence à comprendre son système de rangement (SuperNanny met toutes nos affaires dans des placards : chaussures de Petit Nain dans celui des pommes de terre, carnet de chèques dans mon panier tricot…) et franchement, je redoute le moment où elle prendra sa retraite. Pour le moment, nous sommes heureux de financer les études de ses filles et le remplacement du toit de sa maison.
MERCI SuperNanny !
* Plus le chocolat est foncé, plus il est bon, "Hairspray"
PS : Je tiens à préciser que SuperNanny, bien que ravie je pense de voyager vers la France, n’est en aucun cas disponible. Merci de bien vouloir faire la queue pour remplir le formulaire.
Elle a encore frappé, l’insolente. Elle m’a prise par surprise, dimanche, au petit-déjeuner et depuis j’ai du mal à m’en remettre.
Figurez-vous qu’il y a, à New York, une petite dame de 80 ans qui collectionne les quilts rouges et blancs. Pour son anniversaire, elle a demandé quelque chose qu’on n’avait jamais vu et un cadeau pour la ville de New York. Et c’est ainsi qu’a vu le jour l’exposition « Infinite Variety : Three centuries of red and white quilts ». Allez voir ICI, sur le site de Côté Passions, les photos d’une exposition pas commune.
J’en suis restée bouche bée, mon café est devenu froid, le beurre de ma tartine a fondu et pendant 8 minutes, j’en ai pris plein la vue. J’en ai eu la chair de poule de penser au travail fourni par toutes ces femmes et j’ai regretté amèrement que la machine à remonter le temps n’ait été inventé pour aller piquer l’aiguille avec l’une d’elles.
Le seul et unique quilt rouge et blanc que j’ai jamais réalisé est celui-ci, et je trouve qu’il est bien simplet comparé à ceux de l’exposition. Mais peut-être que les Nains de l’époque n’étaient pas autorisés à se rouler dedans. Les miens sont faits « Nainproof » pour résister aux assauts.
Maintenant je me raccroche à l’espoir que cette exposition vienne faire un tour chez moi où à proximité.