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Questions de différences similaires

Publié le par Fille Ainée

Je viens de terminer le livre de Ron Hall « Différent, tout comme moi, le destin de deux hommes d’univers différents, unis par une amitié hors du commun ».

 

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Lorsque j’ai commencé mon année de Terminale (c’était hier, vraiment !), les cours de philo ont tout de suite déclenché de grands remue-méninges et ont suscité des questions telles que « pourquoi sommes-nous sur terre ? ». Oui, vous le comprenez, le sujet était lourd. Maintenant, j’ai la réponse : Ma Fille, tu seras, entre autres, mère nourricière de Nains qui ont constamment faim, ramasseuse de culottes sales qui se multiplient au fur et à mesure, chauffeur de taxi surtout pour les activités du dimanche matin quand Monsieur 3xrien dort comme un inconscient, oreille attentive pour les disputes de cours de récréation, prof de maths alors que tu n’y comprends rien non plus, raccommodeuse de chaussettes trouées et solitaires car ta machine à laver doit les manger, et épaule sur laquelle on peut pleurer. Cette liste n’étant, bien entendu, pas exhaustive.

 

C’est pourquoi quand je me suis plongée dans ce livre, j’ai été interpellée par la grande question que se pose l’auteur. Que faire de notre vie et sommes-nous là pour jouer un rôle dans celle des autres ? Il semblerait, selon lui, que certains d’entre nous ont une mission terrestre qui consisterait à influencer la destinée, le confort, le bonheur des personnes que nous rencontrons.

 

Ron Hall, riche marchand d'oeuvre d'art à l’ascension professionnelle fulgurante rencontre Denver Moore, ouvrier agricole dans une plantation de coton en Louisiane. Le premier baigne dans le luxe, le second est tellement pauvre qu’il dort dans les rues. L’un a reçu une éducation, l’autre n’a jamais mis les pieds dans une école. Les vicissitudes de sa vie conduisent, un jour, Denver, dans un refuge de sans-abri à Fort Worth où Ron Hall, poussé par sa femme apporte son aide une fois par semaine. De cette rencontre naît une relation unique qui transformera à jamais le destin de ces deux hommes.

 

 

La première partie du livre décrit le parcours de ces deux hommes. Et puis, vient la rencontre influencée par Debbie Hall, la femme de Ron, convaincue que Dieu ne nous a pas mis sur cette terre par hasard. J’ai trouvé que la deuxième partie portait beaucoup sur le spiritualisme, la religion, et n’étant pas grenouille de bénitier, je l’ai trouvée un peu longue. Mais malgré tout, moi aussi je me suis demandée s’il ne faudrait pas prendre de son temps pour aller voir de l’autre côté ce qui s’y passe et si il ne serait pas temps de changer les choses autour de nous. Même s’il ne s’agit que de tous petits gestes.

 

 

Bref, une belle histoire vraie, émouvante, à prendre telle quelle !

 


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Larmes de pierre

Publié le par Fille Ainée

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C’est quand on lit la biographie d’Alexandra Fuller racontant son enfance en Afrique qu’on se dit que finalement il n’y a rien de mal à la sienne, aussi peu extraordinaire eut elle été. J’allais à l’école, je rentrais le soir faire mes devoirs (« travaille d’abord, va jouer après ») et si le temps le permettait, j’avais le droit de sauter sur ma bicyclette pour aller explorer la décharge publique voisine (ne cherchez pas à en savoir plus sur ce sujet mais de là me vient mon goût pour les poubelles) avec mes copines. Bref, pas grand chose à raconter.

 

Mes Nains ont, eux, une enfance un peu plus épicée. Grand Nain voyage dans toute l’Asie depuis l’age de 3 mois, en est à son 3eme passeport, part au mois de juillet prochain une semaine aux frais de la princesse en Italie (Rome, Venise, le Vésuve et Pompéi), bref tout cela lui semble somme toute assez normal. Mais peut-être un tour de vélo à la décharge lui semblerait exotique ?

 

Mais qu’en est-il des enfants qui grandissent en Afrique ? Ils apprennent à manier le fusil dès 8 ans, à cuisiner un impala et à conduire un tracteur, à ne pas aller se promener trop loin à cause des mines et à se garder des morsures de serpents.

 

En 1972, Alexandra Fuller s'installe avec sa famille en Rhodésie - l'actuel Zimbabwe - pays ravagé par la guerre civile. Et c’est dans une Afrique violente, loin des clichés exotiques, qu’elle nous raconte les drames familiaux et politiques qui accompagnent son enfance.

 

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher cette lecture que j’ai beaucoup aimée. Personnellement, j’ai terminé ce livre en me disant que j’avais eu de la chance d’avoir eu une enfance aussi peu particulière. Comme quoi, il y a toujours du bon dans la monotonie !

 


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De la fièvre, des boutons, des pustules !

Publié le par Fille Ainée

Non, je ne vous parle pas de la dernière crise d’acné de Grand Nain, ni de l’intoxication alimentaire de Petit Nain mais de « 1666 », l'année de la grande peste en Europe.

 

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Punition de Dieu infligée aux hommes ou intervention du Malin ? Dans un petit village, perdu au centre de l’Angleterre, les habitants doivent faire face à la propagation de la maladie et éviter de disperser la peste aux villages environnants. Sous l’influence du Pasteur, le village décide alors de se mettre en quarantaine. Cet isolement va révéler les caractères des personnages.

 

On plonge dans l'horreur de la maladie, la mort, la souffrance, les superstitions, mais aussi la sorcellerie et le fanatisme religieux. Un huis clos suffocant où les hommes se révèlent parfois diaboliques. On retrouve alors des personnages féminins de grande envergure au centre du récit, aux esprits éclairés qui mettent leur intelligence au service des hommes et des progrès de la science. Entre obscurantisme et éveil scientifique, le lecteur prend la mesure des fabuleuses avancées de la médecine.

 

Géraldine Brooks dépeint avec brio et humanité la vie de ces gens simples confrontés à l'innommable durant une année. Un tableau qui fait froid dans le dos lorsque l'on apprend que ce roman est largement inspiré d'un épisode historique réel.

 

J’ai trouvé ce livre fascinant et je l’ai lu assez vite. Et en le finissant, j’ai pensé que finalement, il était bon de vivre au 21eme siècle même si parfois on se demande si les mentalités d’aujourd’hui ont vraiment évolué !

 


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Le château de verre

Publié le par Fille Ainée

Un jour, j’ai eu le malheur de demander à mes Nains s’ils pensaient que j’étais une mère normale. On m’a répondu « non » ! Aie. Alors, je leur ai demandé si Grande Copine était, elle, une mère normale. Et là, on m’a répondu « oui ». Deux fois aie ! C’est bien connu, c’est toujours mieux chez les autres ! Mais qu’est-ce que c’est exactement la normalité d’une mère ? D’accord, il y a des moments où je suis un « embarrassement », surtout quand je saute dans la piscine toute habillée et quand je chante à tue-tête en voiture et que ma fenêtre est ouverte. Et alors ?

 

 

Je viens de terminer la biographie de Jeannette Walls. Et là, je me suis dit qu’elle, au moins, c’était sûr, elle n’avait pas eu une mère normale.

 

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« Je me demandais dans le taxi si je n'étais pas trop habillée pour la soirée quand j'ai aperçu maman en train de fouiller dans une benne à ordures. (.. .) Elle s'était entouré les épaules de chiffons pour se préserver de la fraîcheur printanière et faisait son choix dans la poubelle ».

 

 

Jeannette Walls est une chroniqueuse mondaine connue du Tout New York et qui évolue dans le monde des célébrités. Qui pourrait imaginer qu'elle a passé ses premières années dans la misère la plus sordide ? Que son enfance a été une lutte continuelle pour survivre, marquée par un père et une mère d'une excentricité absolue ? Une enfance étonnante dont elle a gardé tard le secret. Et après la lecture de sa biographie, on comprend pourquoi. Espérons qu’un jour, un de mes Nains n’aura pas l’idée de mettre sur le papier mes extravagances !

 

 

Jeannette raconte l’histoire poignante de son enfance, entre une mère artiste peintre, fantasque, égoïste, détachée des réalités matérielles et dont le bien-être ne l'intéresse pas - celui de sa progéniture non plus d’ailleurs - et un père alcoolique, mathématicien et bricoleur inspiré, qui caresse le rêve fou de bâtir une maison de verre dans le désert. Mais il noie ses projets dans l'alcool. De l'égoïsme de ces deux marginaux, jeannette a souvent souffert.

 

 

Fuyant la misère, et pour échapper au fisc, la famille doit sillonner l'Amérique. Les enfants Walls sont en permanence confrontés au froid, à la faim, au danger. Jeannette, ses deux sœurs, et son frère devront réussir à composer avec des parents qui ne savent pas s'intégrer dans le modèle social et veulent élever les enfants au milieu de la nature en oubliant le monde de la consommation.

 

 

Pourtant quel enfant a jamais pu caresser un guépard au zoo, avoir une étoile pour son anniversaire ou rêver sur les plans d'un château de verre en plein désert, dessiné par un père visionnaire ? De l'absolue liberté de ces deux anticonformistes, clochards célestes et pleins d'amour, les enfants Walls ont, plus que la faim ou la honte, hérité d'un formidable appétit de vivre... Et on se demande en lisant ce livre si quelques fois ces parents marginaux n’ont pas un peu raison et s’il ne faudrait pas de temps en temps lâcher la bride à nos Nains gâtés pourris par notre société de consommation ! J’ai adoré !

 

 

Allez va jouer à la décharge mon Nain !

 

 

 

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Les larmes noires de Mary Luther

Publié le par Fille Ainée

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Août 1954, Caroline du Nord. Juby, 13 ans, part en vacances sans son père, resté travailler dans son entreprise de menuiserie. Destination : la Floride. Au volant, Paula, sa mère distante et fumeuse invétérée et parquée à l'arrière avec les enfants, la bonne noire, Mary. Mary, c’est celle qui a toujours été là pour prodiguer amour et réconfort.

 

Ce long périple amène la famille à traverser de nombreux états sudistes où la ségrégation fait rage. Juby découvre avec étonnement les panneaux aux abords des villes, rappelant que les noirs et les blancs ne sauraient être égaux. Un racisme qui fait écho à sa propre histoire, à son père, Bill, un homme violent qui pense que les noirs ne méritent pas de droits civiques, et à Mary, qui supporte les brimades sans mot dire.

 

Et le drame éclate…

 

Ce roman n’a pas été sans me rappeler "La couleur des sentiments" de Kathryn Stockett, ni “Le secret des abeilles” de Sue Monk Kidd que je viens de terminer et dont je vous parle ICI.

 

En apparence léger - le voyage, comme trame de départ, est une joie pour tous les passagers – ce roman raconte, en fait, l'éclatement et l'effondrement d'une famille bourgeoise de Caroline du Nord sur un fond de racisme exacerbé. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce toujours plus loin dans le Sud, on sent une menace peser tout en ne sachant pas où le bât va blesser. La tension, palpable, libère dans son sillage un écheveau de haine et d'intolérance...

 

Les larmes noires de Mary Luther aborde l'ambiguïté des liens qui unissaient les familles blanches à ces femmes de couleur qui élevaient leurs enfants et qui me rappelle tellement nos SuperNannies actuelles. À travers le regard plein de candeur d'une adolescente, c'est tout une époque honteuse de l'histoire américaine qui se rejoue. Un voyage initiatique cruel, sur la fin de l'innocence. Excellent !

 


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Le secret des abeilles

Publié le par Fille Ainée

Non, ceci n’est pas un article sur l’apiculture mais le tout dernier livre que je viens de terminer et celui-là, c’est vraiment du miel pour les neurones !

 

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Caroline du Sud, été 1964. Lily, quatorze ans, grandit entre un père intransigeant et Rosaleen, sa nounou noire qui l'élève depuis la mort de sa mère dont le décès dans d'obscures conditions la hante. Lorsque, au cours d'émeutes raciales, Rosaleen est gravement blessée, elles décident de s'enfuir toutes les deux loin de cette vie de douleurs et de mensonges. Elles trouvent refuge chez les sœurs Boatwright, trois apicultrices tendres et généreuses dont l'emblème est une Vierge noire. À leurs côtés, Lily va être initiée à la pratique quasi mystique de l'apiculture, à l'affection, à l'amour et à la tolérance.

 

Le secret des abeilles est un roman touchant sur une époque où le racisme faisait force de loi, sur la magie de la nature et de la vie, et la puissance de l'amour maternel. Il aborde des sujets douloureux sans jamais tomber dans le mélodrame. L’écriture est superbe, l’histoire pleine de tendresse. Les personnages écorchés par la vie dans le contexte difficile des années 60 pour les noirs aux Etats-Unis sont attachants. On se plait à partager la vie simple des soeurs Boatwright, apicultrices, au coeur sur la main qui vont faire retrouver le goût de vivre à Rosaleen et surtout à la jeune Lily. Un livre d'où se dégage beaucoup d'amour et de plénitude.

 


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Oh le massacre !

Publié le par Fille Ainée

Nanjing, ça vous dit quelque chose ? Le 13 décembre 1937, l'armée japonaise entre dans la ville située au centre de la Chine. Aussitôt commencent des massacres à grande échelle. Exécutions à la baïonnette, au sabre ou à la mitrailleuse, viols et mutilations. Au total, sans doute plus de 100 000 victimes (les autorités chinoises affichent le chiffre de 200 000 voire même 300 000). La panique s'installe dans la population et chez les soldats livrés à eux-mêmes.

 

Au milieu de ce capharnaüm, une église américaine dans laquelle sont réfugiées 13 orphelines, deux prêtres, et 12 prostituées : « The Flowers of war » de Geling Yan

 

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Décembre 1937, l’armée impériale japonaise vient juste d’entrer dans la ville de Nanjing. Incapable de rejoindre la Zone de Sécurité, un groupe d’écolières se cachent dans l’enceinte de la mission St. Mary Magdalene. C’est le Père Engelmann qui s’occupe d’elles, un prêtre américain qui vit en Chine depuis de nombreuses années. L’église est censée être un territoire neutre dans cette guerre entre la Chine et le Japon, mais des témoins rapportent que les Japonais étaient visiblement irrespectueux des lois internationales.  Les soldats qui envahissent les rues de Nanjing commettent, eux, des actes de brutalités atroces à l’encontre des civils. 13 courtisanes chinoises d’un bordel voisin se réfugient alors dans l’enceinte de l’église. Leur présence met en péril la sécurité des enfants et ce qui suit va alors changer la vie de chacune.

 

Une histoire, certes romancée, mais qui s’appuie sur des faits véritables, inspirée par les événements du massacre de Nanjing.

Ce livre a été adapté à l’écran sous le titre des « 13 fleurs de Nanjing », mais n’a malheureusement pas remporté un grand succès. Un budget colossal, des stars internationales, une histoire mêlant amour, guerre et héroïsme... Les « 13 fleurs de Nanjing » avait pourtant toutes les cartes en main pour être un succès mondial, sauf que... c'est un film chinois. Et le public français en est peu friand !

Comme dans tous les cas, je préfère nettement la version littéraire à la version cinématographique. Un regret cependant, le livre n’a pas été traduit en français, mais pour ceux/celles qui lisent en anglais ou en allemand (Die Mädchen von Nanking), n’hésitez pas. Il est magnifique !


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Histoire de mur

Publié le par Fille Ainée

C’est lorsque Anne Sophie m’a annoncé qu’elle allait passer un week-end à Berlin, que je me suis souvenue ! De ce livre attachant, lu il y a quelque temps. De cette histoire de mur, de couple séparé, et surtout de cette fin à laquelle on ne s’attend absolument pas. J’avais adoré et pour tout vous dire, j’aimerais beaucoup le relire.

 

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Août 1961 : en une nuit, les autorités d'Allemagne de l'Est érigent le mur de Berlin...

 

Cette nuit-là, venu près d'un checkpoint pour tenter de voler un sac de pommes de terre, Frantz parvient à passer à l'Ouest, réalisant son rêve de toujours... Mais il n'a jamais envisagé de le faire sans Elleonore, la femme qu'il aime.

 

L'exil est douloureux, pourtant Frantz semble reconstruire sa vie. Sa tristesse et son extrême gentillesse attirent les femmes. Il trouve un travail, un appartement, se lie avec quelques amis, décide même de se marier. C'est d'ailleurs avec une étrange minutie qu'il choisit Eva, sa future femme. Unis par une affection profonde, ils forment un couple à la fois précaire et solide.

 

Quelques années plus tard, les autorités d'Allemagne de l'Est autorisent certains exilés à passer quelques heures avec leurs parents. Frantz est l'un des premiers à profiter de cette aubaine et convainc Eva de l'accompagner. Une fois à l'Est, il conduit la jeune femme un peu intimidée dans un petit appartement. Une énorme surprise les attend...

 

Je vous le recommande vivement. 

 


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La délicatesse

Publié le par Fille Ainée

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Nathalie est une jeune femme, discrète, étudiante en économie, qui aime lire et rire. Elle est abordée dans la rue par François, et tombe vite sous le charme de cet homme pudique et attachant, grand amateur de littérature et de puzzles. Un mariage très gai, une entrée sur le marché du travail, pour Nathalie, dans une entreprise nordique (le détail a son importance), quelques années de pur bonheur, et puis le drame : François ne reviendra pas. Reste, posé sur la table basse, le livre qu’elle était en train de lire, avec son marque-page,  coupé en deux ; la première partie avait été lue du vivant de François. Et à la page 321, il était mort. Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ?

 

Et puis la vie reprend peu à peu ses droits. Et il y a cette rencontre avec Markus, homme ordinaire, qu’elle n’aurait en temps normal jamais remarqué mais pourtant qu’elle embrasse subitement, comme ça, simplement parce qu’il était là, dans son bureau. Mais pour Markus, comment vivre, après un tel baiser ?

 

C’est Grande Copine qui me l’a mis entre les mains. Nous n’avons pas les mêmes goûts en matière de littérature, mais elle connaît les miens. Je lui ai donc fait confiance. Et puis je me suis également laissée tenter par le bandeau accrocheur: "le roman aux 10 prix littéraires".

 

Mais en abordant les premières pages, je me suis demandée qui avait bien pu tomber sur la tête au point d’accorder à ce livre 10 prix littéraires ! J’ai trouvé le style lourd, inélégant et franchement, je pense que même Petit Nain aurait pu prétendre l’avoir écrit. Alors pourquoi ?

 

Curieuse, j’ai continué ma lecture et puis j’ai fini par m’attacher à cette histoire et surtout aux personnages. Certains passages, même, ont réussi à me donner quelques frissons. Est-ce parce que cela evoquait une expérience personnelle (bien que je vous rassure, je n’ai jamais embrassé de Suédois au bureau), que je trouvais le personnage de Markus attachant et attendrissant et qu’il me rappelait quelqu’un, je ne sais pas mais il a du toucher une corde sensible.

 

Mais le style de l’auteur reste enfantin par endroit, voire un peu bêta : « Il voulait se mettre sur son 31. Il aurait même voulu se mettre au moins sur son 47, ou sur son 112 »  style adolescent un peu niaiseux. Facétieux, David Foenkinos insère, entre certains chapitres, définitions du dictionnaire, recettes de cuisine, articles de journaux, paroles de chansons, commentaires…

 

Certains passages m’ont cependant fait sourire, comme celui-ci : « Oui, il était marié. Il nageait dans ce qu’il appelait : la vie conjucalme. Il ne se passait plus rien avec sa femme. »

 

Ou encore celui-là : « Pensée d’un philosophe polonais. Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment. »

 

Mais mon préféré reste celui-ci : « On ne devrait jamais faire l’économie d’une douleur potentielle. »

 

Pour conclure cette critique, je pense que les 210 pages de ce roman m’ont amplement suffi. La fin de l’histoire est prévisible, sans surprise. C’est un livre à lire au bord de la piscine ou à la plage et qui ne demande pas énormément d’effort intellectuel. Même son adaptation à l’écran manque de substance et c’est compréhensible quand on sait que c’est l’auteur du livre qui a écrit le scénario.

 

Si vous êtes tenté de lire « La délicatesse » ou si vous l’avez déjà lu, dites-moi ce que vous en pensez. 

 

 

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Que du vécu !

Publié le par Fille Ainée

La semaine dernière, Moutie nous avait recommandé la lecture d’« Une brève histoire du tracteur en Ukraine », de Marina Lewycka ICI. Pour info personnelle, je suis rarement les conseils de Moutie. Ce n’est pas de ma faute, j’ai ça dans le sang et ça ne date pas d’aujourd’hui. Je suis toujours partie du principe que j’« veux faire toute seule ». C’est comme ça que j’ai découvert toute la série des Jalna, deux ans après que Moutie me les ait mis sous le nez.

 

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Bon, les choses changent, je prends de l’age et surtout j’ai, depuis quelques années, une tablette de lecture de chez celle qui monte à cheval de côté. Et c’est drôlement pratique. Si le livre est en anglais, je peux télécharger gratuitement dans la seconde qui suit, les deux premiers chapitres. Ce que j’ai fait. Et au bout des deux premiers chapitres, j’ai été plus que conquise.

 

Déjà, ce bouquin, c’est du vécu. Ça sent le vrai. Et ce qui est trop drôle, c’est que je connaissais, il a quelques années, un imbécile ami homme qui se faisait régulièrement avoir par des femmes telles que celle décrite par Marina. Accro aux sites de rencontres Internet, ce mâle en manque d’amour correspondait régulièrement avec des donzelles sans conscience qui lui promettaient la lune et ses étoiles à condition qu’il les fasse venir en France. Seulement, voilà, ces pauvres créatures démunies manquaient de fonds pour venir et lui demandaient de financer leur voyage. Et cet innocent y croyait et y a perdu quelques économies. Bien sûr, il ne les voyait jamais arriver et moi, cela me faisait énormément rire. Je ne suis malheureusement pas restée bien longtemps dans son cercle d’amis pour vérifier si l’une d’elles a finalement tenu parole, mais je pense qu’au niveau étude sociologique, son cas était des plus intéressant. J’aurais pu intituler mon rapport « quand l’amour rend bête ou comment se faire escroquer en toute impunité sans même avoir mis les pieds dans les Pays de l’Est ».

 

Je vous conseille de lire cette histoire de tracteurs qui n’est absolument pas un essai sur les techniques agricoles en Ukraine (comme je l’avais initialement pensé) mais un récit très divertissant sur les mesures à prendre quand on a un père grabataire et amoureux !

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