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au fil des pages

Mais qui l’a tué ?

Publié le par Fille Ainée

Si vous êtes criminologiste en herbe et que vous aimez les bonnes enquêtes policières, voilà un livre qui va vous intéresser.

 

L-affaire-de-Road-Hill-House.jpg

 

"Fin juin 1860, dans une demeure bourgeoise du sud de l’Angleterre, un enfant de 4 ans est porté disparu. Il est découvert quelques heures plus tard. Sous le choc, les habitants doivent faire face à deux évidences : l'enfant a été assassiné et le meurtrier est forcément l'un d'entre eux. Aussitôt, les rumeurs vont bon train. La presse, alors en plein essor, en fait un large écho. L'ensemble de la nation se passionne pour l'affaire. L'enquête piétine jusqu'à ce que Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, prenne les choses en main."

 

Attention, ce livre n’est pas un roman policier mais bien un fait divers, une affaire ténébreuse à souhait qui a fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Mais c’est aussi un documentaire sur les origines de la police londonienne du XIXe siècle et surtout sur la naissance des premiers détectives anglais ; les précurseurs de Sherlock Holmes.

 

D'accord, c’est un pavé mais si le brouillard et les affaires mystérieuses vous passionnent, ce livre est pour vous. Très bien écrit, il décrit au fil des pages les avancées de l’enquête, les piétinements dûs aux tabous de l'époque et les conclusions tirées par Whicher, un des premiers détectives de l’époque. Je ne me suis absolument pas ennuyée ! Et je ne vous dirais absolument pas qui l'a tué !

 


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De ma chaise longue...

Publié le par Fille Ainée

De 1845 à 1852, plus d’un million d’Irlandais meurent de faim. La patate est ravagée par le mildiou. Les propriétaires s’enrichissent en exportant les cultures vers l’Angleterre pendant que ceux qui s’acharnent à les cultiver se font expulser faute de pouvoir payer leur loyer et meurent dans les fossés. Ceux qui possèdent encore quelque chose vendent tout pour acheter un billet de passage sur un des navires se dirigeant vers l’Amérique ou encore l’Australie. Leur dernier espoir ! Malheureusement, plus d’un tiers de ces « chanceux » ne verront jamais leur destination et vont succomber aux ravages du typhus et de la dysenterie.

 

Et pourtant cette époque était une époque de grandes avancées technologiques, de brillance intellectuelle et artistique et de progrès scientifique. Mais peu de ceci importe aux plus démunis de l’Irlande. Le monde est organisé comme une pyramide avec à son sommet les plus riches et à sa base les pauvres qui en portent tout le poids.  Ceux qui travaillent le plus et qui pourtant possèdent le moins.

 

etoile.jpg

 

Pendant l’hiver rigoureux de 1847, L'Etoile des mers quitte l'Irlande pour New York avec à son bord, des passagers fuyant la famine. A son bord, des centaines de refugiés, certains optimistes, d’autres désespérés. Dans les cabines de première classe : une quinzaine de privilégiés. Une famille de propriétaires anglais établis depuis longtemps en Irlande mais récemment ruinés, leur servante au lourd passé, un journaliste new-yorkais, un homme d'Eglise, un maharadjah curieux de découvrir le monde. Et en-dessous, relégués dans l'entrepont quatre cents passagers entassés dans la pire promiscuité et bientôt décimés par le typhus. Parmi ces derniers, un tueur que l'on surnomme le " Fantôme ".

 

C’est une amie irlandaise qui m’a conseillé ce livre. Et elle ne s’est pas trompée ! Une écriture impeccable, un style fabuleux. Moi aussi j’ai fait la traversée d’Irlande à New York, moi aussi j’étais dans la cale avec les rats, moi aussi j’ai dîné dans le salon rutilant de première classe.

 

Rédigé sous forme de journal à 10 mains, nous sommes transportés tantôt dans les bas-fonds avec le « Fantôme », tantôt dans les salons où l'on cause. Et au fil des pages, nous découvrons que le meurtrier et la victime ne sont peut-être pas celui/celle que l’on croyait au début.  Mais ce n'est pas moi qui vous l'ai dit !

 

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139 pages pour résumer 12 ans

Publié le par Fille Ainée

"Je suis né libre et j'ai goûté aux joies de la liberté pendant plus de trente ans. Jusqu'au jour où je fus capturé et réduit en esclavage. On m'a suggéré qu'un livre sur ma vie et mes infortunes pourrait intéresser les gens."      - Solomon Northup

 

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En 1841, à Washington, Solomon Northup, noir, est un homme libre. Mais un jour, deux hommes l’abordent et sous prétexte de jouer du violon dans un cirque itinérant, lui propose de les suivre jusqu’à New York. Solomon est curieux. Il n’est jamais allé à New York. Mais à peine en route, il est drogué, enlevé, son identité effacée et il est contraint de se présenter comme un esclave de naissance.

 

Pendant douze terribles années, Solomon est vendu de propriété en propriété, travaillant dans les champs de coton ou sur des chantiers de construction en Louisiane. Dormant à même le sol poussiéreux, affamé, fouetté, il est menacé de mort par des maîtres qui le considèrent comme un sous-homme. Seule sa volonté de fer lui permet de ne pas sombrer dans la folie. Car il n'a qu'un objectif : survivre pour retrouver sa femme et ses trois enfants.

 

Cet ouvrage a été publié peu de temps après « La Case de l’oncle Tom », lui donnant ainsi toute sa crédibilité. « 12 ans un esclave » s’est vendu à 30 000 copies, ce qui à cette époque, a été considéré comme un énorme succès. Malheureusement, au 19eme siècle, le livre tombe dans l’oubli et n'est ensuite redécouvert qu'au debut des années 60 par deux historiens de la Louisiane. Ces deux historiens retracent les pas de Solomon Northup et vérifient les faits évoqués dans son livre.

 

Relatée à la première personne, cette histoire poignante de 12 ans de la vie d’un esclave avait, à l'époque, donné lieu à de nombreux débats politiques concernant l’esclavage.

 

J’ai commencé ce livre à cause du film. Mais comme à chaque fois qu’un livre est adapté à l’écran (même si c’est par Steve McQueen), je préfère lire d’abord l’original. Et je n’ai pas été déçue ! Une histoire poignante, envoûtante ! 139 pages dont je n’ai pu me décoller et qui même terminées me hantent encore.

 


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Liens de coeur ou de sang ?

Publié le par Fille Ainée

Il y a des livres qu’on finit en une nuit mais qu’on aimerait voir continuer. Des livres dans lesquels on oublie tout, même l’heure du dîner. Des livres qui vous attrapent et ne vous lâchent plus. Des livres comme « Une vie entre deux océans » de M.L. Stedman.

 

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Fin de la Première Guerre mondiale. Après 4 ans passés sur le front, dans les tranchées, Tom Sherbourne, rentre en Australie.  Autour de lui, on compte ceux qui ne rentreront pas ou ceux qui sont rentrés mais ne seront plus jamais les mêmes. Pour échapper à sa culpabilité d’être revenu sain et sauf, sans une égratignure alors que d’autres sont tombés autour de lui, Tom recherche la solitude et devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée.

 

À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
 Jusqu’à ce jour d’avril où un bateau vient s'échouer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler « l’incident » et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…


 

Je ne vous en dis pas plus, si ce n’est que la traduction française de ce livre sortira bientôt en octobre. Commandez sans plus attendre !

 

 

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Tu me parles rose ?

Publié le par Fille Ainée

A votre avis, si Monsieur 3xrien arrive en courant à un rendez-vous et m’offre un bouquet de millepertuis ? Des œillets à Belle-Maman et qu’elle fait la grimace ? Ou encore une orchidée à une amie enceinte et qu’elle fonce acheter de la layette bleue ?

Le symbolisme des fleurs se retrouve dans leur couleur et leur variété.  Chaque choix doit être judicieux pour ne pas heurter les sensibilités. Un ton mal assorti, une espèce mal choisie, et c’est le quiproquo assuré !


Il faut savoir que plus une couleur est pâle, plus le sentiment se veut léger et discret. A contrario, les tons plus sombres sont souvent empreints de tristesse. Enfin, les couleurs vives décuplent la force de l’émotion.

 

Les fleurs ne s’offrent généralement qu’à une jeune fille(choisissez de préférence des variétés très pâles), à une femme ou à un monsieur très âgé. Lorsqu’elles sont coupées, elles s’offrent par nombre impair. Il est tout à fait acceptable d’offrir des fleurs de son jardin et de les apporter à son hôte, sauf si celui-ci vit à la campagne. Enfin, il suffit de glisser une rose rouge dans un bouquet pour déclarer son amour.

 

Les roses s’offrent en nombre pair (sauf si votre bouquet en contient moins de dix) : 12 pour remercier, 24 pour être galant et 36 pour déclarer sa flamme ! Azalées pour la passion, roses rouges pour l'amour, chèvrefeuille pour l'attachement... Vous n’avez que l’embarras du choix. Encore faut-il parler "fleurs".

 

Belle-Maman, superstitieuse, pense que les œillets portent malheur. Et les orchidées, en fonction de la direction dans laquelle elles s’ouvrent prédisent soit disant le sexe d’un enfant à naitre. Quant à Monsieur 3xrien, comme il est toujours en retard, même avec des fleurs, il n’arrivera jamais à se faire pardonner ni à m’adoucir ! Lui, même à son enterrement, il arrivera en courant !

 

C’est donc sur les conseils de Lisbei que je me suis lancée dans la lecture du Langage secret des fleurs de Vanessa Diffenbaugh. Je dois vous avouer que le premier chapitre ne m’a guère enthousiasmée. L’histoire de cette jeune fille ballottée depuis toujours de familles d'accueil en foyers, écorchée vive et qui a accumulé tellement de colère qu’elle en devient incapable de se laisser aimer, m’a légèrement agacée. Et puis, on se laisse porter par cette colère que l’on cherche à comprendre. Qu’est-ce qui fait qu’une jeune fille orpheline puisse tant en vouloir au monde entier ?

 

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A dix-huit ans, Victoria se retrouve à la rue de son plein gré et se réfugie dans un parc de San Francisco, où elle se crée un véritable jardin secret à partir de boutures volées au gré de ses errances. Sa rencontre avec Renata, une fleuriste, lui fait prendre conscience de son formidable pouvoir : celui d'aider les autres à communiquer leurs sentiments les plus profonds à travers des bouquets savamment composés. Car voilà, incapable d'exprimer ses sentiments à travers les mots, Victoria a appris le langage secret des fleurs alors qu’elle vivait avec Elizabeth, la seule personne qui a voulu lui offrir une famille mais qu’elle a rejetée. Pour la première fois, Victoria se sent à sa place. Il ne lui reste plus qu'à s'ouvrir au monde. 

 

Pour finir, j’ai beaucoup aimé ce livre. Peut-être pas à la folie mais suffisamment pour donner des petits yeux fatigués le lendemain matin. 

 


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Questions de différences similaires

Publié le par Fille Ainée

Je viens de terminer le livre de Ron Hall « Différent, tout comme moi, le destin de deux hommes d’univers différents, unis par une amitié hors du commun ».

 

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Lorsque j’ai commencé mon année de Terminale (c’était hier, vraiment !), les cours de philo ont tout de suite déclenché de grands remue-méninges et ont suscité des questions telles que « pourquoi sommes-nous sur terre ? ». Oui, vous le comprenez, le sujet était lourd. Maintenant, j’ai la réponse : Ma Fille, tu seras, entre autres, mère nourricière de Nains qui ont constamment faim, ramasseuse de culottes sales qui se multiplient au fur et à mesure, chauffeur de taxi surtout pour les activités du dimanche matin quand Monsieur 3xrien dort comme un inconscient, oreille attentive pour les disputes de cours de récréation, prof de maths alors que tu n’y comprends rien non plus, raccommodeuse de chaussettes trouées et solitaires car ta machine à laver doit les manger, et épaule sur laquelle on peut pleurer. Cette liste n’étant, bien entendu, pas exhaustive.

 

C’est pourquoi quand je me suis plongée dans ce livre, j’ai été interpellée par la grande question que se pose l’auteur. Que faire de notre vie et sommes-nous là pour jouer un rôle dans celle des autres ? Il semblerait, selon lui, que certains d’entre nous ont une mission terrestre qui consisterait à influencer la destinée, le confort, le bonheur des personnes que nous rencontrons.

 

Ron Hall, riche marchand d'oeuvre d'art à l’ascension professionnelle fulgurante rencontre Denver Moore, ouvrier agricole dans une plantation de coton en Louisiane. Le premier baigne dans le luxe, le second est tellement pauvre qu’il dort dans les rues. L’un a reçu une éducation, l’autre n’a jamais mis les pieds dans une école. Les vicissitudes de sa vie conduisent, un jour, Denver, dans un refuge de sans-abri à Fort Worth où Ron Hall, poussé par sa femme apporte son aide une fois par semaine. De cette rencontre naît une relation unique qui transformera à jamais le destin de ces deux hommes.

 

 

La première partie du livre décrit le parcours de ces deux hommes. Et puis, vient la rencontre influencée par Debbie Hall, la femme de Ron, convaincue que Dieu ne nous a pas mis sur cette terre par hasard. J’ai trouvé que la deuxième partie portait beaucoup sur le spiritualisme, la religion, et n’étant pas grenouille de bénitier, je l’ai trouvée un peu longue. Mais malgré tout, moi aussi je me suis demandée s’il ne faudrait pas prendre de son temps pour aller voir de l’autre côté ce qui s’y passe et si il ne serait pas temps de changer les choses autour de nous. Même s’il ne s’agit que de tous petits gestes.

 

 

Bref, une belle histoire vraie, émouvante, à prendre telle quelle !

 


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Larmes de pierre

Publié le par Fille Ainée

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C’est quand on lit la biographie d’Alexandra Fuller racontant son enfance en Afrique qu’on se dit que finalement il n’y a rien de mal à la sienne, aussi peu extraordinaire eut elle été. J’allais à l’école, je rentrais le soir faire mes devoirs (« travaille d’abord, va jouer après ») et si le temps le permettait, j’avais le droit de sauter sur ma bicyclette pour aller explorer la décharge publique voisine (ne cherchez pas à en savoir plus sur ce sujet mais de là me vient mon goût pour les poubelles) avec mes copines. Bref, pas grand chose à raconter.

 

Mes Nains ont, eux, une enfance un peu plus épicée. Grand Nain voyage dans toute l’Asie depuis l’age de 3 mois, en est à son 3eme passeport, part au mois de juillet prochain une semaine aux frais de la princesse en Italie (Rome, Venise, le Vésuve et Pompéi), bref tout cela lui semble somme toute assez normal. Mais peut-être un tour de vélo à la décharge lui semblerait exotique ?

 

Mais qu’en est-il des enfants qui grandissent en Afrique ? Ils apprennent à manier le fusil dès 8 ans, à cuisiner un impala et à conduire un tracteur, à ne pas aller se promener trop loin à cause des mines et à se garder des morsures de serpents.

 

En 1972, Alexandra Fuller s'installe avec sa famille en Rhodésie - l'actuel Zimbabwe - pays ravagé par la guerre civile. Et c’est dans une Afrique violente, loin des clichés exotiques, qu’elle nous raconte les drames familiaux et politiques qui accompagnent son enfance.

 

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher cette lecture que j’ai beaucoup aimée. Personnellement, j’ai terminé ce livre en me disant que j’avais eu de la chance d’avoir eu une enfance aussi peu particulière. Comme quoi, il y a toujours du bon dans la monotonie !

 


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De la fièvre, des boutons, des pustules !

Publié le par Fille Ainée

Non, je ne vous parle pas de la dernière crise d’acné de Grand Nain, ni de l’intoxication alimentaire de Petit Nain mais de « 1666 », l'année de la grande peste en Europe.

 

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Punition de Dieu infligée aux hommes ou intervention du Malin ? Dans un petit village, perdu au centre de l’Angleterre, les habitants doivent faire face à la propagation de la maladie et éviter de disperser la peste aux villages environnants. Sous l’influence du Pasteur, le village décide alors de se mettre en quarantaine. Cet isolement va révéler les caractères des personnages.

 

On plonge dans l'horreur de la maladie, la mort, la souffrance, les superstitions, mais aussi la sorcellerie et le fanatisme religieux. Un huis clos suffocant où les hommes se révèlent parfois diaboliques. On retrouve alors des personnages féminins de grande envergure au centre du récit, aux esprits éclairés qui mettent leur intelligence au service des hommes et des progrès de la science. Entre obscurantisme et éveil scientifique, le lecteur prend la mesure des fabuleuses avancées de la médecine.

 

Géraldine Brooks dépeint avec brio et humanité la vie de ces gens simples confrontés à l'innommable durant une année. Un tableau qui fait froid dans le dos lorsque l'on apprend que ce roman est largement inspiré d'un épisode historique réel.

 

J’ai trouvé ce livre fascinant et je l’ai lu assez vite. Et en le finissant, j’ai pensé que finalement, il était bon de vivre au 21eme siècle même si parfois on se demande si les mentalités d’aujourd’hui ont vraiment évolué !

 


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Le château de verre

Publié le par Fille Ainée

Un jour, j’ai eu le malheur de demander à mes Nains s’ils pensaient que j’étais une mère normale. On m’a répondu « non » ! Aie. Alors, je leur ai demandé si Grande Copine était, elle, une mère normale. Et là, on m’a répondu « oui ». Deux fois aie ! C’est bien connu, c’est toujours mieux chez les autres ! Mais qu’est-ce que c’est exactement la normalité d’une mère ? D’accord, il y a des moments où je suis un « embarrassement », surtout quand je saute dans la piscine toute habillée et quand je chante à tue-tête en voiture et que ma fenêtre est ouverte. Et alors ?

 

 

Je viens de terminer la biographie de Jeannette Walls. Et là, je me suis dit qu’elle, au moins, c’était sûr, elle n’avait pas eu une mère normale.

 

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« Je me demandais dans le taxi si je n'étais pas trop habillée pour la soirée quand j'ai aperçu maman en train de fouiller dans une benne à ordures. (.. .) Elle s'était entouré les épaules de chiffons pour se préserver de la fraîcheur printanière et faisait son choix dans la poubelle ».

 

 

Jeannette Walls est une chroniqueuse mondaine connue du Tout New York et qui évolue dans le monde des célébrités. Qui pourrait imaginer qu'elle a passé ses premières années dans la misère la plus sordide ? Que son enfance a été une lutte continuelle pour survivre, marquée par un père et une mère d'une excentricité absolue ? Une enfance étonnante dont elle a gardé tard le secret. Et après la lecture de sa biographie, on comprend pourquoi. Espérons qu’un jour, un de mes Nains n’aura pas l’idée de mettre sur le papier mes extravagances !

 

 

Jeannette raconte l’histoire poignante de son enfance, entre une mère artiste peintre, fantasque, égoïste, détachée des réalités matérielles et dont le bien-être ne l'intéresse pas - celui de sa progéniture non plus d’ailleurs - et un père alcoolique, mathématicien et bricoleur inspiré, qui caresse le rêve fou de bâtir une maison de verre dans le désert. Mais il noie ses projets dans l'alcool. De l'égoïsme de ces deux marginaux, jeannette a souvent souffert.

 

 

Fuyant la misère, et pour échapper au fisc, la famille doit sillonner l'Amérique. Les enfants Walls sont en permanence confrontés au froid, à la faim, au danger. Jeannette, ses deux sœurs, et son frère devront réussir à composer avec des parents qui ne savent pas s'intégrer dans le modèle social et veulent élever les enfants au milieu de la nature en oubliant le monde de la consommation.

 

 

Pourtant quel enfant a jamais pu caresser un guépard au zoo, avoir une étoile pour son anniversaire ou rêver sur les plans d'un château de verre en plein désert, dessiné par un père visionnaire ? De l'absolue liberté de ces deux anticonformistes, clochards célestes et pleins d'amour, les enfants Walls ont, plus que la faim ou la honte, hérité d'un formidable appétit de vivre... Et on se demande en lisant ce livre si quelques fois ces parents marginaux n’ont pas un peu raison et s’il ne faudrait pas de temps en temps lâcher la bride à nos Nains gâtés pourris par notre société de consommation ! J’ai adoré !

 

 

Allez va jouer à la décharge mon Nain !

 

 

 

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Les larmes noires de Mary Luther

Publié le par Fille Ainée

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Août 1954, Caroline du Nord. Juby, 13 ans, part en vacances sans son père, resté travailler dans son entreprise de menuiserie. Destination : la Floride. Au volant, Paula, sa mère distante et fumeuse invétérée et parquée à l'arrière avec les enfants, la bonne noire, Mary. Mary, c’est celle qui a toujours été là pour prodiguer amour et réconfort.

 

Ce long périple amène la famille à traverser de nombreux états sudistes où la ségrégation fait rage. Juby découvre avec étonnement les panneaux aux abords des villes, rappelant que les noirs et les blancs ne sauraient être égaux. Un racisme qui fait écho à sa propre histoire, à son père, Bill, un homme violent qui pense que les noirs ne méritent pas de droits civiques, et à Mary, qui supporte les brimades sans mot dire.

 

Et le drame éclate…

 

Ce roman n’a pas été sans me rappeler "La couleur des sentiments" de Kathryn Stockett, ni “Le secret des abeilles” de Sue Monk Kidd que je viens de terminer et dont je vous parle ICI.

 

En apparence léger - le voyage, comme trame de départ, est une joie pour tous les passagers – ce roman raconte, en fait, l'éclatement et l'effondrement d'une famille bourgeoise de Caroline du Nord sur un fond de racisme exacerbé. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce toujours plus loin dans le Sud, on sent une menace peser tout en ne sachant pas où le bât va blesser. La tension, palpable, libère dans son sillage un écheveau de haine et d'intolérance...

 

Les larmes noires de Mary Luther aborde l'ambiguïté des liens qui unissaient les familles blanches à ces femmes de couleur qui élevaient leurs enfants et qui me rappelle tellement nos SuperNannies actuelles. À travers le regard plein de candeur d'une adolescente, c'est tout une époque honteuse de l'histoire américaine qui se rejoue. Un voyage initiatique cruel, sur la fin de l'innocence. Excellent !

 


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