-il faut porter des chaussons différents, chez soi, pour aller aux toilettes ?
-il est considéré impoli de se moucher en public ?
-les cuisines japonaises n’ont pas de four ?
-une pizza japonaise est faite avec de la mayonnaise, du maïs et des algues ?
-le Noh, pièce de théâtre japonaise, peut durer huit heures d’affilée ?
-les lèvres d’une geisha sont peintes puis saupoudrées de sucre cristallisé pour les faire briller ?
-la perruque d’une geisha coûte environ 1 400 euros ?
Si comme moi, vous êtes passionné(e) de culture japonaise et si le mystère des geishas vous a toujours attiré, lisez « Ma vie de geisha » de Mineko Iwasaki.
Ce livre est un document exclusif, un ouvrage autobiographique, sur la vie de geisha et surtout celle de la plus grande geisha de sa génération, Mineko. Un témoignage fascinant sur une tradition millénaire surprenante, des souvenirs d’une vie riche, parfois difficile mais intense. Ce livre nous parle aussi de la vie quotidienne au Japon, des codes et des règles de la vie en communauté, des relations familiales.
J’ai beaucoup aimé me glisser dans le quotidien de ces femmes, découvrir leur univers. J’avais bien sûr lu avec délice « Geisha » d’Arthur Golden, mais je trouve que le livre de Mineko Iwasaki nous en apprend bien plus sur la vie de ces femmes au quotidien que le récit d’aventures de Golden. Et puis les faits rapportés sont également beaucoup plus récents.
Et puis surtout, ce livre me rappelle de très bons souvenirs. Il y a deux ans, Monsieur 3xrien m’avait fait la surprise d’une petite excursion à Kyoto. Nous avions arpenté les petites allées du quartier de Gion et couru comme des paparazzis derrière les geishas qui se rendaient à leurs affaires. Il faut dire qu’elles se cachent et qu’il suffit que l’une d’elles se découvre pour que la foule se rue pour les photographier. Mais elles sont tellement jolies, vous ne trouvez pas ?
Il y a quelques semaines, le professeur d’histoire de Grand Nain m’avait demandé si je pouvais lui recommander un livre traitant de la Révolution Française, qui soit adapté à des enfants de 13/14 ans. Il fallait bien sûr que le livre soit en anglais, ne comporte aucun morceau croustillant (les gamins sont déjà assez portés sur la chose comme ça sans pour autant en rajouter) et qui soit intéressant bien entendu.
La Révolution n’était malheureusement pas un sujet qui m’intéressait jusque-là. Je préfère de loin Henri VIII et ses 6 nanas, François Ier avec sa barbichette pointue et ses culottes bouffantes ou encore Catherine de Médicis avec sa fraise autour du cou.
Pas facile, mais j’ai trouvé. J’ai voulu en lire les 2 premiers chapitres pour ne pas faire d’impair auprès du professeur et puis je n’ai pas pu le lâcher. Ca m’apprendra à vouloir jouer les malines !
Madame Tussaud de Michelle Moran
Tout le monde connaît bien entendu le Musée de Madame Tussaud avec ses personnages en cire. Ce que j’ignorais, c’est que Madame Tussaud – Marie de son petit nom – a côtoyé les Grands de la Révolution Française.
De Versailles au Boulevard du Temple, des royalistes aux révolutionnaires, Marie a été prise dans le tumulte de la Révolution. Condamnée à la guillotine pour ses relations avec la noblesse, elle sera cependant graciée pour ses talents et employée pour réaliser les masques mortuaires des révolutionnaires assassinés, dont certains ses amis. Son premier musée s’ouvrira à Londres, suivi par beaucoup d’autres. Et dire que même Lady Gaga s’est vue immortaliser. Du moment qu’elle ne chante pas !
J’ai beaucoup aimé ce livre. Une façon d’apprendre l’histoire sans avoir à retourner sur les bancs de l’école et surtout tellement plus agréable. Si on avait commencé par là dès le début, peut-être aurais-je retenu toutes ces fichues dates !
Non je ne vais pas vous parler du T-shirt de Moyen Nain après le repas mais de ma nouvelle lecture. Quoique, après réflexion, le T-shirt de Moyen Nain peut à la rigueur passer pour de la lecture, celle du menu !
Non, j’aimerais vous parler du roman de Kate Grenville “Le Fleuve secret”, celui a gagné de nombreux prix de littérature.
Imaginez Londres en 1793 : les docks, la pauvreté, les cris des marchands ambulants, le bruit constant, l’insalubrité, les bousculades, le racolage, la misère. Surtout la misère dans cette Angleterre pourtant en plein boom économique qui fait la fortune de quelques-uns et le désespoir de tant d’autres.
Pour William Thornhill, batelier sur la Tamise, cette vie dans les rues pouilleuses de la capitale constitue son quotidien. Le besoin d’argent, si pressant, le pousse à des petits larcins sur les cargaisons à transborder. Mais une nuit, alors qu’il tente de voler une cargaison de bois précieux venus du Brésil, il se fait prendre, sur dénonciation. Après un jugement à l'emporte-pièce, il est condamné à mort par pendaison.
Grâce à l'acharnement et la volonté de fer de sa femme, cette peine est commuée en déportation à perpétuité en Nouvelle Galle. Commence alors une vie rude dans une Australie à peine naissante. À force de travail, de débrouillardise, et de volonté, Thornhill et les siens vont s'installer dans les terres sur les bords du fleuve secret, le Hawkesbury. Et le rêve devient enfin réalité: amnistié, Will devient propriétaire d'un bout de terrain où il peut s’installer. Mais c'est sans compter sur la présence mystérieuse des indigènes aux coutumes si diamétralement différentes de celles de ces anglais exilés. Comment ces deux mondes peuvent-ils cohabiter ?
Tout au long de sa vie, Will est confronté à des choix, à chaque carrefour de sa vie : voler pour survivre ou rester honnête et mourir, être banni ou pendu, rester pauvre à Sydney ou tout quitter pour s’installer loin de la ville et avoir une chance de devenir quelqu’un, accepter les indigènes ou les anéantir.
Le Fleuve Secret, c'est le temps des premiers colons, des conquêtes territoriales, de la chasse aux indigènes. Et au coeur de ce contexte historique épineux, Kate Grenville traduit avec finesse la peur de l'autre et celle du lendemain, la nostalgie dans l'exil, l'envie presque vitale d'avoir un coin de terre, juste à soi et parvient avec justesse à dresser un panorama de cette période méconnue de l'histoire de l'Australie, éclairant sans retenue la brutalité des conflits culturels autant que l'ambivalence humaine.
Si l’Angleterre et l’Australie n’ont pas grand-chose en commun en terme de paysage, l’attitude du colon blanc semble être, elle, tout à fait universelle. Une invasion tragique qui brise et construit, qui saccage et embellit : une lutte à mort entre la technologie et l’entêtement des uns, le maintien des traditions et des habitudes pour les autres.
J’ai trouvé ce roman magnifique et bien écrit. L’auteur parvient avec art et beaucoup d’intelligence (pour ne pas parler du travail de recherche) à rendre la pénibilité de la vie des classes laborieuses de Londres, puis à se glisser dans celui de ces forçats devenus maîtres de ce nouveau continent et brosse une fresque aux couleurs sombres et lumineuses d’un temps où il fallait survivre. Confrontés à la violence sociale européenne, puis à la violence coloniale, au racisme, à la peur, à l’incompréhension, les personnages de ce livre naviguent dans les eaux terribles d’une histoire où l’héroïsme n’a pas sa place. Il faut survivre à n’importe quel prix !
Fini, je peux enfin respirer. Cela fait 15 jours que je retiens mon souffle, 562 pages en apnée ! Je l’ai emmené partout avec moi ce livre. A en souhaiter qu’il pleuve tous les jours pour me permettre de rester échouée sur mon canapé, à dévorer cet ouvrage page après page.
La traduction française de son titre original « The Help » n’exprime malheureusement pas son véritable contenu et c’est dommage. Je me mets bien sûr à la place du traducteur qui a voulu être original et a pris des libertés avec le texte mais peut être un « Bonnes à tout faire » eu été plus adéquate sans pour autant, il est vrai, exprimer la notion de relations raciales.
Cet ouvrage raconte la vie de 3 femmes, en 1962, au Mississipi. Aibileen et Minny sont noires et travaillent comme bonnes dans des familles blanches. Elles élèvent les enfants, font la cuisine, le ménage, font partie du quotidien des femmes qui les emploient sans pour autant être intégrées. Au contraire ! Sur fond de racisme et de violence, les relations entre les deux communautés sont tendues. On ne se mélange surtout pas et c’est à chacun de respecter ces lois de ségrégation sous peine d’y perdre sa vie. Et puis, un jour, Skeeter, femme blanche qui refuse de se conformer à cet ordre d’esprit, décide d’écrire un livre pour raconter ce que vivent ces femmes au quotidien : les abus, les insultes, les vexations, les humiliations.
Au fil de leurs récits, nous sommes plongés dans leur quotidien. Aux côtés d’Aibileen, dans la cuisine, nous humons les plats qu’elle prépare, nous nous occupons de Baby Girl que sa maman ne regarde jamais, nous serrons les dents en versant le thé, invisible, pendant que Ma’am discute avec ses amies des travaux qu’elle a entrepris dans son garage pour installer un cabinet de toilette rien que pour sa bonne et déclarer en toute impunité qu’une femme de couleur ne peut décemment pas poser son derrière sur un siège réservé aux derrières blancs car il est prouvé que les Noirs sont porteurs de beaucoup plus de maladies que les Blancs. Nous aussi, nous avons envie de hurler et de changer cette société névrosée.
C’est un roman magnifique basé sur des faits réels. Des vies racontées avec un style simple, sans fioriture, un récit haletant, des personnages attachants qui donnent envie de tourner la page encore et encore et de ne jamais finir.
Cette histoire m’a beaucoup poursuivie et en pleine introspection, je me suis demandée si les choses avaient beaucoup changé pendant toutes ces années. J’en suis venue à la conclusion que non, malheureusement. Et je suis certaine que des histoires telles que celles d’Aibileen et de Minny se déroulent encore sur mon île chaude et humide.
SuperNanny vient des Philippines et sa peau a une jolie couleur café au lait qu’elle déteste et que je lui envie ! SuperNanny est venue à nous après une longue série de Nannies qui n’avaient franchement rien de super. La première était jolie, jeune, et plaisait beaucoup à Monsieur 3xrien. Je ne suis, cependant, pas certaine que c’était pour ses talents ménagers ! Elle m’avait un jour coupé le rideau de la douche et raccommodé le trou qu’elle avait fait en l’essuyant. Le rideau était tellement court que toute l’eau passait en-dessous. Elle ne m’avait jamais rien dit pensant que je ne le verrais pas. J’avais également retrouvé, en déménageant, beaucoup de vaisselle cassée qu’elle cachait dans des coins sombres pour éviter d’avoir à m’expliquer la disparition de mon service.
Une autre que j’avais embauchée alors que Grand Nain n’avait que deux mois et à qui j’avais nerveusement confié la garde de mon précieux paquet pour retourner au travail après mon congé maternité, collait le Nain devant la télé et attendait mon retour assise sur un tabouret dans la cuisine. Elle n’est pas restée longtemps non plus. Nous avons tous comme ça des histoires plus ou moins amusantes de nos relations avec ces femmes, mais du moment que cela reste au niveau de l’anecdote, je suis certaine qu’elles aussi doivent bien rire de nos faits et gestes, le soir à la veillée.
Nous employons SuperNanny depuis maintenant 7 ans. Elle a commencé alors que Petit Nain n’était qu’une bosse et lorsqu’elle a décidé d’abandonner son travail à temps plein pour un couple japonais sans enfants, sans repassage (tout était envoyé chez le teinturier), sans repas à préparer et sans poussière, j'avais cru qu'elle avait perdu la tete. Je l’avais bien prévenu que les choses étaient « légèrement » plus actives chez nous. Elle avait immédiatement accepté avec un large sourire. Et à cette époque, bien que soulagée de la voir s’activer pour moi, je m’étais demandé pourquoi. Maintenant, je sais.
SuperNanny, pleine puissance
Les femmes qui travaillent chez nous, qui élèvent nos enfants, repassent nos chemises, font nos courses, préparent nos repas, sont des femmes qui ont tout quitté. Même leurs propres enfants ! Elles fuient la misère et espèrent qu’en venant sur cette île chaude et humide, elles gagneront assez d’argent pour soutenir leur famille. Malheureusement, certains employeurs, bien conscients de leurs situations, prennent des libertés qui sont intolérables. Le contrat d’une « helper » est de 2 ans, renouvelable bien sûr. Au bout de ces 2 ans, cette SuperNanny est autorisée (notez mon choix de vocabulaire) à prendre 7 jours de congés payés. Elle doit travailler 6 jours sur 7, ses horaires journaliers varient en fonction des demandes de l’employeur, mais il n’est pas rare que lorsqu’elles sont logées chez leur patron, elles dorment dans la chambre du bébé et doivent alors faire non seulement les corvées de jour mais aussi celles de nuit.
Il n’est pas rare de lire des cas d’abus à la une des journaux, comme celui de cette pauvre femme à qui sa patronne avait brûlé les mains avec un fer à repasser car elle avait mal repassé les chemises du mari. La dite patronne était avocate ! Mais ces cas ne sont dans la presse que lorsque ces femmes ont le courage de parler. Combien d’autres cas sont encore ignorés ! Le gouvernement est lui-même coupable de ségrégation. Au bout de 7 ans, tous ceux qui ont vécu, travaillé et contribué au développement de cette île chaude et humide ont droit au statut de « résident permanent ». Tous, sauf ces femmes.
Maintenant, je tiens à vous rassurer et à vous dire que je n’ai JAMAIS traité SupperNanny de cette façon. Au contraire ! Elle n’est jamais malade, n’est jamais arrivée en retard, ne m’a jamais menti, volé et je lui fais tellement confiance que je lui confie la garde de mes SuperNains lorsque je voyage. C’est une perle et je tiens à le clamer haut et fort. SuperNanny a un mois de vacances par an (ce qui est nettement plus que Monsieur 3xrien), loge dans une petite maison dont nous payons le loyer, travaille à temps partiel sur un salaire de temps plein et je suis forcée de lui demander de lâcher le chiffon tous les soirs sinon je la retrouverai dans ma chambre au moment du coucher.
SuperNanny ne fait ni les courses, ni la cuisine mais par contre je lui laisse le repassage avec plaisir. Si vous lâchez SuperNanny dans une pièce, c’est une bombe. Tout y passe. Elle vous vide tous les placards, désinfecte, essuie, vaporise… Je n’ai, bien entendu, jamais demandé à SuperNanny de faire ses pauses pipi par-dessus bord mais je peux vous assurer que nombreux sont les appartements ici où il existe un espace placard que l’on appelle de façon hypocrite un « maid’s quarter » qui abrite non seulement un lavabo, une douche, une tinette mais également un lit.
Au bout de 7 ans, nous avons appris à nous connaître, je commence à comprendre son système de rangement (SuperNanny met toutes nos affaires dans des placards : chaussures de Petit Nain dans celui des pommes de terre, carnet de chèques dans mon panier tricot…) et franchement, je redoute le moment où elle prendra sa retraite. Pour le moment, nous sommes heureux de financer les études de ses filles et le remplacement du toit de sa maison.
MERCI SuperNanny !
* Plus le chocolat est foncé, plus il est bon, "Hairspray"
PS : Je tiens à préciser que SuperNanny, bien que ravie je pense de voyager vers la France, n’est en aucun cas disponible. Merci de bien vouloir faire la queue pour remplir le formulaire.
Vous brodez comment vous ? Moi, jusqu'à présent, je regardais mon ouvrage d’un œil et mon écran de l'autre. Alors évidemment, je penchais plutôt pour des navets, des films catastrophes, des séries américaines abêtissantes ou encore des films d’épouvante comme ça j’avais une excuse pour ne pas être là au moment crucial du découpage d’entrailles ou au coup du « fais gaffe, il est derrière toi ».
Ben plus maintenant ! Maintenant, j’active mes 10 doigts en révisant mes classiques. J’ai déniché sur Internet ce site merveilleux intitulé Littérature Audio.com. Zola, Maupassant, Poe, Verne, ils sont tous là, à portée d’oreille grâce à la générosité de tous ces donneurs de voix pour nous permettre d’accéder aux joies de la littérature sans forcément savoir lire. C’est gratuit, il y a plus de 1,700 livres accessibles et on peut même s’abonner pour recevoir les nouveautés et les télécharger.
Plus d’excuse maintenant pour s’endormir dans les transports en commun ou pour broder bêtement. Fini les cervelles ramollies !
Je ne peux résister au plaisir de vous faire partager un extrait de mon livre du moment : « L’élégance du Hérisson ». Soyez indulgent(e) avec moi mais je ne peux pas m’en empêcher. Et surtout pardonnez-moi si vous êtes l’heureux propriétaire d’un roquet caniche. Je ne fais que rapporter les paroles de Muriel Barbéry !
« Comme chacun sait, les caniches sont des genres de chiens frisés détenus par des retraités poujadistes, des dames très seules qui font un report d’affection ou des concierges d’immeubles tapis dans leurs loges obscures. Ils peuvent être noirs ou abricot. Les abricots sont plus teigneux que les noirs, qui sentent moins bon. Tous les caniches aboient hargneusement à la moindre occasion mais spécialement quand il ne se passe rien. Ils suivent leurs maîtres en trottinant sur quatre pattes figées sans bouger le reste de leur petit tronc de saucisse. Surtout, ils ont des petits yeux noirs et fielleux, enfoncés dans des orbites insignifiantes. Les caniches sont laids et bêtes, soumis et vantards. Ce sont les caniches ».
Lorsque j’étais étudiante à Paris, j’habitais dans un foyer de jeunes filles, une ancienne maison de maître. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré Grande Copine Parisienne. La pauvre n’avait pas de chance, sa chambre donnait sur la cour et systématiquement tous les matins vers 6 heures, le roquet de la concierge aboyait à plein poumons.
Combien de fois avons-nous eu, GCP et moi-même, envie de balancer un coup de pied stratégiquement placé à l’horrible bestiole ! En plus la sale bête était d’une laideur ! Mais la concierge en était absolument gaga. C’est prouvé, l’amour est aveugle !
Ug, le chien le plus laid d'Angleterre
Toutou à sa mémère (photo prise dans un parc à Tokyo)
Terrassée ! Ce rhubbe qui me poursuit depuis quelques jours m’a mise KO hier et j’ai passé la journée sous la couette à subir les attaques d’un rhubbe qui n’avait rien d’anodin : le Schwarzenegger du microbe ! Dans mes brefs moments de conscience, j’ai eu le temps de finir un livre merveilleux, je vous ai trouvé une vraie perle, un véritable bijou, du caramel pour cervelle fatiguée, à laisser fondre doucement sous les yeux. Je vous présente « Le mur invisible » d’Harry Bernstein.
A la mort de sa femme, Harry Bernstein ne sait plus quoi faire de lui-même. Il a plus de 90 ans. Alors il prend la plume pour raconter The Invisible Wall, la chronique d'une enfance difficile en Angleterre, entre un père alcoolique et violent, une mère-courage et l'antisémitisme.
Le Mur invisibledu titre, c'est celui qui séparait le «côté juif» de la rue du côté chrétien dans la ville de son enfance, Stockport, près de Manchester. La seule chose qu'avaient en commun ces «deux mondes séparés», c'était la pauvreté. Il raconte les ivrognes hurlant dans la rue: « Qui a tué le Christ? Ces sales juifs!»
Le livre relate surtout l'histoire d'une passerelle entre ces deux univers ennemis : Lily, la sœur de l'auteur, tombe amoureuse d'un camarade de classe chrétien, Arthur et ce au grand dam des familles. Et lorsque le jeune couple se marie en secret, la famille de Lily la renie officiellement, la considérant désormais comme morte.
J’ai trouvé ce livre magnifique, débordant d’émotions. Et promis, je ne me plaindrais plus jamais de ma condition. A cette maman-courage-optimisme, je lui tire mon chapeau. La vie n’a pas du être facile tous les jours et pourtant !
Et bien j’aurais dû me souvenir de ce conseil fort avisé !
En « feuilletant » les pages de mon libraire amazonien récemment, j’ai trouvé « L’hôtel des souvenirs doux amers » qui sort en France sous le titre "Keiko" de Jamie Ford. J’ai trouvé la couverture jolie et après lecture des critiques, je me suis laissée tenter.
C’est une histoire d’amooooouuuuur toute simple entre un jeune Chinois Américain et une Japonaise à Seattle en pleine guerre mondiale après le bombardement de Pearl Harbour. Jamie Ford a été nommé, pour cet ouvrage, meilleur auteur du New York Times ; je ne prenais donc pas beaucoup de risques. Et bien lui non plus, il n’en a pas pris des masses en écrivant son bouquin. J’ai été déçue par le manque d’intrigue, la platitude du vocabulaire et les nombreux clichés et répétitions semés dans ce roman (et j'ai repéré 2 fautes de frappe!). C’est dommage.
L’histoire débute en 1986 alors qu’Henri vient juste de perdre sa femme des suites d’un cancer. Il apprend alors que des effets appartenant à des immigrants japonais internés dans des camps pendant la seconde guerre mondiale ont été retrouvés dans le sous-sol de l’Hôtel Panama. L’auteur nous fait alors revenir en arrière, en 1942, dans une Amérique antisémitique, alors qu’Henri n’a que 12 ans. La persécution des Japonais débute et Keiko, l’amie d’Henri, se trouve alors envoyée avec sa famille dans un camp d’internement. C’est l’hystérie collective et Henri s’oppose à ses parents chinois qui s’acharnent à l’américaniser et à l’éloigner ainside l’ennemi.
Pour ne pas être trop sévère dans mon jugement, je dirais que c’est un livre qui doit se lire vite quand on est au bord de la piscine, les doigts de pied en éventail. Le déroulement de l’histoire est sans surprise et demande peu d’efforts. J’aurais préféré que Monsieur Ford insiste plus sur les évènements historiques mais il a visiblement préféré s’attarder sur l’histoire d’un premier amour.
Pour celles/ceux d’entre vous qui lisez dans la langue de Shakespeare – la version française n’est pas encore sortie – et qui l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?
Tripoli, 1979. Suleiman, 9 ans, s'ennuie sous l'écrasante chaleur estivale. A la maison, l’ambiance est tendue : son père est sans cesse absent et sa mère, mariée de force à 14 ans, ressasse ses rancœurs et son chagrin dans l’alcool. Le monde extérieur, lui, ne va guère mieux. La société libyenne étouffe sous le régime autoritaire du colonel Kadhafi. En dehors de la compagnie de son ami Karim et de leurs virées à la plage, les journées s’étirent, interminables.
Mais bientôt le monde du petit Suleiman bascule : en plein centre-ville, un matin, il aperçoit Baba, son père, caché derrière d'épaisses lunettes noires. Pas un signe, pas un geste, l'homme les ignore, sa mère et lui. Subtilement, la peur et le doute s'installent dans la vie de Suleiman. Qui sont ces hommes en armes qui viennent fouiller la maison ? Tout est murmure, tout est secret, tout est hostilité. C’est le début d’une longue série de découvertes bouleversantes pour le jeune Suleiman : aux incompréhensions de l’enfance se mêlent l’opacité et l’arbitraire du régime libyen. Pourquoi le père de Karim est-il emmené par la police ? Comment se fait-il que sa mère brûle un à un les livres de la bibliothèque, jusqu'alors véritable trésor familial ?
J’ai beaucoup aimé ce livre. Un style superbe, une lecture magnifique. Nous sommes témoins, à travers les yeux innocents d’un enfant incapable de reconnaître la gravité des faits qui se déroulent sous ses yeux (et ce livre me rappelle par de nombreux aspects « le garçon au pyjama rayé »), de la cruauté d’un régime totalitaire. Impossible après une telle lecture de ne pas être reconnaissant de notre liberté d’expression. Quand on pense qu’il existe encore de nombreux pays dans lesquels il est interdit de lire, d’écrire ou de proclamer son opinion si celle-ci n’est pas politiquement correcte. De quoi frémir !
Mon intérêt en matière de religion s’est arrêté net à l'âge de 16 ans, juste au moment où j’ai commencé à suivre des cours de philo, au lycée. Jusqu'à ce point, je fréquentais régulièrement les bancs de l’église et ceux du catéchisme. Après ça, le doute s’est installé !
Moutie nous soumettait, Cadette et moi, au supplice de la messe le dimanche matin tandis qu’elle restait à la maison avec Monsieur Moutie pour y faire quoi, je m’le demande encore ! Remarquez, cette heure de messe dominicale était rarement ennuyeuse car un des enfants de cœur nous divertissait grandement derrière le dos de Monsieur le Curé (cet enfant de cœur a plus tard fait carrière dans la police !). Je me souviens donc des énormes fous rires qui nous prenaient sur les bancs de cette église si morne, si froide et si triste. Fous rires qui nous valaient d’ailleurs des remontrances et qui nous menaient tout droit au confessionnal.
Monsieur le Curé ne plaisantait pas avec le devoir de confession et c’était environ toutes les 3 semaines que nous étions obligés de passer dans la boîte sous peine de se faire refuser la communion en pleine messe et devant tout le monde. Seulement voyez-vous, à 10-12 ans, on ne commet pas encore beaucoup de pêchés capitaux (du moins moi) et à part les « j’ai menti, j’ai été insolente, j’ai frappé Cadette ou encore j’ai volé la monnaie du lait pour acheter des bonbons en revenant de la ferme », mes confessions manquaient plutôt de teneur.
Et puis, il y avait les cours de catéchisme le mercredi qui étaient encore plus ennuyeux que la messe et pour gagner du temps, nous jouions à cache-cache dans les coins obscurs de l’église. Monsieur le Curé s’était d’ailleurs, au début, prêté au jeu jusqu'à ce qu’il comprenne notre manège.
Mes connaissances, donc, en matière de religions sont assez succinctes et rien de tel que de profiter d’un long après-midi au bord de la piscine pour m’instruire (ok j’arrête de remuer le couteau dans la plaie !). Je viens juste de terminer un ouvrage d’Anita Diamant « Day after Night » qui relate ce moment extraordinaire qu’a été la fuite, en octobre 1945, de plus de 200 prisonniers du camp d’internement d’Atlit, une prison en Palestine pour immigrés “illégaux”, dirigée par l’armée britannique. L’histoire est vécue à travers l’expérience de 4 jeunes femmes juives rescapées des camps à la fin de la seconde guerre mondiale. Pour ceux/celles qui lisent dans la langue de Shakespeare, lancez-vous, c’est fabuleux et vous en apprendrez beaucoup en matière de religion juive. Anita Diamant a d’ailleurs écrit un autre ouvrage qui, lui a été traduit en français, « La tente rouge » et celui-ci est déjà sur ma liste.
Je suis ensuite passée à la religion musulmane avec « Kaboul Beauté » de Deborah Rodriguez. J’ai absolument adoré et je l’ai dévoré en quelques jours seulement.
En 2002, Deborah Rodriguez arrive à Kaboul avec une petite organisation humanitaire. Cette coiffeuse du Michigan, drôle et énergique, est venue en Afghanistan à la fois par désir d'aider les autres et pour échapper à un mari jaloux et violent. N'ayant pas de formation médicale, elle se sent d'abord inutile, mais découvre vite que son expérience de coiffeuse peut changer la vie des femmes afghanes. Les salons de beauté, autrefois la fierté de Kaboul, ont été détruits par les talibans. Et pour cause : c'est l'un des seuls domaines dont le contrôle échappe totalement aux hommes, qui n'ont pas le droit d'y pénétrer. Sans relations et sans argent, Deborah Rodriguez se bat pour monter une école où les élèves puissent suivre une formation d'esthéticienne et acquérir leur autonomie financière. Cette femme déterminée va soulever des montagnes, obtenir des parrainages prestigieux et... réussir ! En 2003, elle crée son école de beauté. Kaboul Beauté est l'histoire de cette personnalité hors du commun, de son école et de ses élèves qui luttent pour leur liberté.
Je finis cet article en laissant ce petit mot pour Monsieur le Curé “pardonnez-moi mon Père de vous avoir fait courir dans l’église, d’avoir ricané derrière votre dos et de ne pas avoir été attentive pendant les cours de catéchisme. » ;-)